Premier jour du reste de la résidence sur la cité des Provinces à Lens

On est bien là. Au beau milieu de la cité des Provinces, à Lens, 11 rue du Lyonnais. On blogue pendant que Didier, Mourad et Jérémie sont allés chercher le matériel (les caméras et tout le toutim) au bureau de la compagnie à quelques centaines de mètres d’ici. Ici et là, c’est le titre de l’évènement organisé par Culture Commune, à Lens et Bully-les-mines, avec Hvdz et Touneboulé et ici c’est le quartier général de la compagnie Hvdz pendant les dix jours à venir. On va de ce pas, s’en aller dans les rues des Provinces, à la découverte des richesses de la cité. Et comme c’est samedi, on démarre par les Portraits Chinois. Dans notre processus de travail, les Portraits Chinois couvrent en général tout le week-end, en plus du reste : les conversations filmés, les prises de vue de Jérémie au Tir à l’ Arc, au Karaté et les pigeons. Et cette fois, cerise sur le gâteau, on présente des petites formes chez l’habitant. Ce soir, ce sont Jérémie et Guy qui s’y collent.

Souvenirs…

« Quelle mine de vieux souvenirs on a dans le crâne. J’ai rêvé d’un machin qui vous remettrait la mémoire à zéro, comme un compteur de bagnole. À quoi ça me sert, tous ces souvenirs-là ? C’est pas parce que je vais les mettre sur le papier que je ne les aurai plus, au contraire. Ça me fait suer de me dire que c’est là dans un coin de mon ciboulot ; j’y pense jamais, mais c’est aussi une restriction mentale. On oublie pas comme ça, on n’oublie rien de ce qu’on veut oublier ; c’est le reste qu’on oublie. »

Boris Vian

On va démarrer..

Nous sommes depuis une heure dans notre QG, 11, rue du lyonnais…petite maison où l’on se sent déjà comme chez nous. Les débuts de portraits sont toujours un peu chaotiques…Quelles caméras? Où? Quelles équipes? Tests micros? Lancement du blog…
…et petit café…quand même c’est samedi matin et tout le monde n’est pas toujours opérationnel immédiatement…

Dernier détail technique à régler et on se lance dans la rue…
On va commencer à faire du porte à porte. Cette après-midi, début des interviews: danse, karaté, tir-à-l’arc, habitants de la cité des provinces.

Ce soir, Guy et Jérémie iront faire leurs petites formes chez M. et Mme Petit.

Dans tous les cas, on est content de revenir à la cité des provinces qu’HVDZ connait ou connaissait bien. On va voir l’évolution de la cité. Va t’on retrouver des personnes connues?

L’avenir proche nous le dira.

J-2

Après demain, tous au 11 rue du Lyonnais à Lens, quartier général de la compagnie Hvdz, pour la semaine, le temps de coconstruire avec les habitants des Provinces, un Portrait de la cité. Marie a fait un travail de malade et contacté mille personnes que nous irons rencontrées pour refaire le monde et changer la vie. Dans un premier temps parler du quartier et on va chercher ensemble (simplement) le bonheur. Que ce soit une semaine de plaisir, qui mette de la poésie dans nos vies ! Pour réussir une chose pareille, il faut qu’on s’y mette tous ! Les habitants de la cité, les gens de Hvdz et les salariés de Culture Commune, mobilisés depuis des mois sur ce portrait. Et S.I.A, le bailleur social, qui a été de toutes les réunions, pour que ça puisse se faire. On va évoquer le passé, penser à l’avenir mais on va tout faire pour être à fond dans l’instant présent. Carpe diem. Profitez du moment et être pleinement et sereinement dans le temps de l’instant. On s’en donnera les moyens. Comme une fête permanente des individus, pour ne rien laisser échapper du temps de bonheur où on est là tous ensemble.

Tout in haut d’ech terril té vos les monts des flandres (pas aujourd’hui i pleut)

Plus que deux jours avant de s’installer à la cité des Provinces, dans la maison des Artistes, une vieille maison de cité totalement remise aux normes environnementales actuelles. Dans la cité des Provinces au pied des deux grands et sublimes terrils, le 11 et le 19. Aux Provinces, il s’agit de cités-jardins et non pas de corons. Les corons, ce sont exclusivement les maisons alignées, totalement semblables et collées les une aux autres. On en retrouve davantage dans l’ouest du bassin minier. Les corons datent pour la plupart de la fin du XIXème siècle. A Hvdz, on est super heureux de revenir sur la cité des Provinces.  La cité des provinces et la cité des Fleurs (de l’autre côté de la rue Léon Blum, vers le Louvre Lens) ont fait l’objet de la première Veillée (l’ancêtre des Portraits). En septembre 2003. On y est revenu trois où quatre fois depuis tout ce temps. Mais c’est la première fois sous Laurent Coutouly, directeur de Culture Commune, avec sa toute (en partie) nouvelles équipe. Mais où est Nicolas Meurin ?

Le bâtiment, en face du nôtre sur le site dont on voulait faire une fabrique des Arts de la Rue et qui est devenu une pépinière d’entreprises, est vide

Nos journées au bureau démarrent à dix heures et se terminent en moyenne vers 18h30 ou 19h.  Mais cela varie beaucoup en fonction des  tournées, des résidences, des Veillées, des Portraits quand plus rien n’a de début ni de fin. Ou des présentations publiques de projets le soir tard. Hier soir Marie a présenté à Culture Commune le travail que nous allons mener dès samedi sur la cité des Provinces à Lens. Tout le monde est sur le pont, l’équipe d’Hvdz et l’équipe de Culture Commune. Dans les starting blocks. On a prévu des petites représentations chez l’habitant, hier encore on apprenait que deux habitants nous faisaient faux bond. Tout est toujours à recommencer. Personne n’est au bureau aujourd’hui, on fait une pause avant le grand rush. Mars est chargé, puisque nous enchaînerons par des séries de représentations de la Brique à Wallers puis au Montfor à Paris. Aujourd’hui, c’est le premier jour d’intervention à la prison de Fleury-Mérogis avec le théâtre de l’Agora d’Evry. Didier et Martine sont arrivés là-bas, hier soir. Gilbert est au Synavi pour la journée (syndicat des petites compagnies de théâtre, représentées par ce seul organisme au niveau national).

l’océantume

Ce matin, dernière mise au point avant le démarrage du Portrait de la cité des Provinces et de la présentation des petites formes chez les gens et à l’école. Ensuite repas sur le pouce. Dans l’après midi, on a reçu Lise qui voudrait faire un stage chez nous. Et puis avant de nous séparer, grosse discussion à propos des prochaines productions. On n’est pas plus avancé qu’il y a dix ou quinze jours, voire deux mois. A part les  chantiers qu’on a démarrés, comme la Redoute. C’est surtout d’un point de vue de production que c’est compliqué. Difficile pour les gros spectacles, ceux où il y a du monde sur scène. On est revenu sur Avignon, l’été dernier, pour un soir, sur l’île de la Barthelasse, le spectacle Aimer si fort. Sans lendemain. Ça coûte cher.