(j’ai un ami qui s’appelle Legay Christian et qui habite dans le Pas de Calais, à Lillers)

Rien ne m’est dû. Je n’attends rien pour moi. Je ne demande rien. J’ai renoncé – j’essaie de renoncer ! à réclamer, à revendiquer. Je dis : Dieu, tu feras ce que tu veux de moi. Peut-être rien. J’accepte de n’être plus. Alors une autre espérance que le désir d’exister se lève.

Paul Ricoeur.

La Brique à Uckange

Tout s’est bien passé à Uckange. On a joué dehors à 20h, à l’heure du soleil couchant. Le cadre est fabuleux. Nous étions aux pieds d’un très grand haut fourneau, mis en lumière la nuit par l’artiste Claude Lévêque. Nous avons démarré pile à l’heure de l’obscurité. Et comme il fait sec, nous n’avions pas de moustique du tout. Toute juste quelques moucherons. Pas de pluie. Pas de vent. Les conditions étaient idéales. La scène se trouvait dans la cour d’un immeuble désaffecté des aciéries de Uckange. Un nombreux public s’est déplacé pour assister au spectacle. On a passé un agréable moment. La plupart des gens qui a participé à l’atelier d’écriture jeudi, était là. On est resté tard à discuter autour de la buvette pendant que nos techniciens-magiciens ont démonté le matériel du spectacle ( Thierry, Chritophe et Willy). Nous avons été accueillis avec beaucoup de sympathie par toute l’équipe culturelle de Uckange. Vers minuit nous avons regagné le Remhôtel et le restaurant du parc à Knutange.

Uckange, Florange, Knutange, pas loin d’Hagondange

Knutange pour deux soirs. Ce soir, on joue à Uckange, les techniciens-magiciens ont tout installé dans une petite cour, aux pieds de jolis gradins bleus. On joue dans la cour d’une grande maison, sur le site fermé du haut fourneau de Uckange. Hier soir, on a animé un atelier à la médiathèque de Florange. Sur l’auto-fiction. Tous les gens avaient ramené des photos de famille. C’est un groupe d’écrivains qui se retrouve régulièrement à la médiathèque pour écrire, échanger, partager des expériences d’écriture et de lecture. Le groupe est animé par Adrienne. Chacun a pu parler de la photo qu’il a ramenée ou de quelque chose de personnel, d’important tandis que les autres prenaient des notes sur ce qui était raconté. Ensuite on a pris un temps d’écriture pour réécrire la réalité à partir de toutes ces histoires, de manière très libre. On est passé sur scène tour à tour pour lire son texte fait de toutes les récits qu’on venait d’entendre. Au résultat, il en est ressorti des écrits très poétiques, drôles et émouvants. Et ce soir c’est la Brique, à 20h en plein air, Pour la première fois.

Premier voyage de la saison

Didier et Marie se sont rendus hier à Saint-Julien-en-Génévois pour la réunion des associations pour préparer le portrait fin septembre.

Après une épopée en train où ils ont mangé un sandwich à Lyon, assis sur une barre, où ils ont changé de train trois fois, où ils n’ont finalement pas lu le journal – trop de choses à se raconter après l’été – et où ils ont appris qu’à Valéry, les voyageurs sont priés de descendre à l’avant du train pour pouvoir arriver sur le quai car le quai est trop petit pour accueillir le train, où un voyageur leur a dit qu’en fait, ils n’arrivent même pas sur le quai mais dans l’herbe, ils arrivèrent enfin à Saint-Julien où la jolie Amélie les a accueilli tout sourire et dans une robe printanière alors qu’eux-même étaient en jeans et veste en cuir (prudence toutefois, le temps est changeant, la petite ville étant tout de même à 450 m d’altitude).

Ils partirent tout de suite rencontrer les collègues d’Amélie à la mairie, ils sont nombreux, ils sont joyeux et sont contents d’accueillir la compagnie dans une grosse semaine.

Ensuite, ils sont partis à l’espace Partage(s) dans le centre-ville. C’est un espace que la mairie met à disposition de toute initiative des habitants ou des associations. C’est là que la compagnie aura son Q.G. (dans l’espace détente…ça promet!!!).

L’endroit et les gens qui le peuplent augurent un foisonnement de rencontres. Saint-Julien est une ville riche en association et initiatives. C’est une ville riche tout court où beaucoup de gens travaillent en Suisse. Genève est à 15 minutes et les salaires y sont deux fois et demi plus élevés. Attention, rétablissons tout de suite les choses, Genève est la banlieue de Saint-Julien et non l’inverse comme l’a dit la gérante de l’hôtel Le Soli.

Ils ont ensuite fait un gros point avec Amélie et, du coup, pas le temps d’une balade dans la ville, la réunion des associations commençant à 18H30.

Du monde, beaucoup d’intérêt pour le projet, des rires, des discussions, tout s’annonce très bien. La réunion s’est fini à 20H30 et tout le monde a pris un petit jus de fruit en continuant de discuter. Déjà plein d’ histoires juteuses comme celle du macumba…Vous en saurez plus à partir du 23 Septembre…

Le ver dans la pomme…

 

On ne peut pas ne pas parler de ce qui s’est passé, toutefois, hier soir, plus tard, à La diligence à Saint-Julien. Fin de soirée, fin du repas, un groupe de personnes en terrasse discutent ensemble. Arrive un homme en rouge, avec une valise de la même couleur et un cabas. Il veut boire un café en terrasse, déjà cela lui est refusé et ont lui donne un café à emporter. Cela lui a été refusé car il était étranger. Déjà, ça annonce la couleur. Cet homme en rouge, du coup, cherche à entrer en contact en racontant une histoire avec le groupe de personnes qui discute dont le patron de l’établissement. Le patron, en se cachant les yeux pour ne pas lui parler en le regardant, lui ordonne de se taire et lui dit de partir. L’homme en rouge continue de vouloir parler aux personnes sur le ton de l’humour. Toute la tablée commence alors à avoir un comportement que l’on peut considérer comme hors-la-loi étant donné qu’à partir de ce moment-là, les propos racistes fusent : «un étranger qui arrive en France, n’a qu’une chose à faire, c’est de rentrer chez lui’, « de toute façon, ce n’est que le début, nos femmes en short vont se faire violer », etc. On vous passe les autres.

L’homme en rouge finit par payer son café et s’apprête à partir, les autres continuent leurs propos abjects et lui disent ‘casse-toi’. L’homme se retourne vers eux et leur envoie des baisers et leur dit: « Merci la France, je vous aime et bon courage ». Les autres répondent : « du courage, on en a besoin avec des gens comme toi ». Il leur répond : « Du courage, moi, j’en ai à vendre, 5 euro le kilo » et il s’en va.

Nous aussi, nous partons, écoeurés sans dire au revoir et avec le cœur en berne sans même une caresse pour le chien du patron qui figurez-vous s’appelle « VERY GOOD » !