Actualité
Le mur
Dans le cadre
la journée court
La salle des pédagogies prend de plus en plus des allures de studio d’artistes. On peint, on dessine, on danse, on filme, on fait du montage, des impros de théâtre où on se prend pour son camarade. Où on ne desserre pas les dents comme une performance d’art contemporain. A toute heure de la journée, des gens rentrent et sortent du studio pour une mission d’ordre artistique et poétique.On réenchante le monde des relations de l’art au travail et de l’art et du travail à l’usine.
Après le repas, au moment du café, on a partagé le pot de l’amitié avec toutes les équipes du théâtre, de Nickel et d’Hvdz. Chaleureux, vraiment chaleureux.
Du murmure au cri
Il est 14h00. On prend quelle voie ? Quelle voix ? On teste. On vérifie que ça fonctionne, que ça répond du murmure au cri pour se mettre en route. On trouve la scène, on crée la salle : les amis d’enfance qui se racontent l’un l’autre, celui qui écoute en faisant le portrait de celui qui parle, celle qui craque devant celui qui ne dit mot, celui qui fait un discours à la place de celui qui vieillit à vue d’œil : préparer la suite, celles qui se disputent un candidat, celui qui dit dans le dos et l’autre de face qui entend ce qu’on dit dans son dos, ceux qui dessinent ces nouvelles histoires inventées en direct. Ce matin on s’est aventuré à se regarder dans les yeux de prés ou de loin parce qu’il ne faut pas lâcher on n’a pas que des pieds. Là on voit qu’avec ce qui se passe sur scène on ose regarder et inventer et ça fait les pieds, ça tient debout.
Dessin, théâtre, Cinéma, Usine
Marie Bouts a demandé aux jeunes de dessiner leur parcours, de chez eux au théâtre, de chez eux aux usines qu’on va visiter dans les jours à venir. Ils ont fait de magnifiques oeuvres, constellées de mots, d’interrogations sur la vie et le monde du travail. Par groupes de cinq ou six, ils ont projeté sur la feuille blanche des directions, des point d’interrogations, des croisements mais aussi des impasses. Et des envies de toutes les couleurs. Ces travaux sont exposés dans la salle de pédagogie, notre quartier général pendant tout le temps de notre présence au Phénix.
Dans la soirée de mardi, à l’heure du debrief, on a projeté un petit film pour expliquer notre démarche sur la base d’images de Portraits ou de Veillées. On a ensuite regardé ce qu’on a filmé entre nous dans la journée.
Hier,on a consacré la journée à la construction in vivo d’une interview, ou encore, d’ une conversation filmée.
La séance démarre. On butte sur l’enregistrement, à savoir que K. ne voudrait pas qu’on le filme comme nombre d’entre eux. K. ne voudrait pas qu’on voit sa tête. Béné choisit un endroit pour filmer (le mur rouge). D. se place derrière la caméra. Béné lui met un casque sur les oreilles. Martine se place jute à côté de D. Béné est derrière D. K. parle une dizaine de secondes. K. voudrait que nous passions (les membres de la compagnie Hvdz) devant la caméra. On prépare tous un petit texte qu’on apprend par coeur. K. filme B. qui parle presque trente secondes. J. filme depuis le début de notre rencontre tout ce qui se passe dans notre pièce de travail (salle des pédagogies, au quatrième étage du Phénix). Marie K. du Phénix, qui, dans le passé, a travaillé longuement avec Hvdz, passe devant la caméra pour montrer son savoir faire cinématographique. Puis, c’est D. qui joue à son tour devant la caméra. La contrainte de la séquence est parfaitement respectée. On avance bien. Ensuite, on passe à Y. et J. qui ont formé un autre groupe. Y est derrière la caméra. J. est devant. Béné indique à Y. comment régler la netteté de la caméra et le cadre. C’est parfait. On filme et refilme J.. J. dit qu’il n’a rien à dire pendant trente secondes et qu’il trouve ça long. Et on inverse, c’est Y. qui parle et J. qui filme. Ça marche bien. On est arrivé au bout de l’exercice. Maintenant, Marie Lies propose que chacun développe un texte à partir de mots, qu’elle a notés et qui reviennent souvent dans les prises de paroles des un-e-s et des autres.
It’s training, man!
Troisième jour du projet Nickel. On est là, dès potron-minet, on commence tous les jours par un training dynamisant qui a pour but de souder notre nouveau groupe de 20 personnes et, surtout, dérouiller nos esprits et nos corps et cela, ce n’est pas une mince affaire. Il faut bien une bonne heure pour que cela commence à fonctionner. Donc, on y va, tout de suite, maintenant.
Écrire, dire, raconter, filmer
Travail obligatoire
A partir des années 80 ça a commencé à décliner mais le dernier puit de mine c’est en 92 : « Mais t’étais obligé d’aller travailler dans le puit, en 92, avant que ça ferme – Si le puit de mine était ouvert les gens gardaient leur travail – c’est obligatoire ou c’est les gens ? – Est-ce que c’est obligatoire de travailler ? – Une seule grosse entreprise qui était les mines et tout le monde travailler pour eux d’une façon ou d’une autre, le garde des mines qui passait dans les corons et qui disait ton garçon de 14 an qui parait costaud c’est le moment de la formation – elle durait 6 mois – on vous propose ça, vous faîtes quoi ? – trop dangereux avec le grisou – et puis la poussière de silice dans les poumons et dans la peau – comme tout le monde était mineur on pouvait pas être autre chose, on était regardé de travers sinon, ça voulait dire qu’on avait pas le courage d’aller au fond – dans la tête c’est assez bête de se dire je vais travailler pour être malade ou mourir – mais est-ce que tu savais ça avant ? – Et puis est-ce que tu pouvais faire autre chose, osé quitter ce métier ? – Par exemple aujourd’hui on ne pourrait pas dire je vais à la mine ? Si ? On pourrait choisir ? Non ? – Moi je peux faire quelque chose qui me convient pas, qui est dangereux si c’est bien payé – c’est quoi bien payé ? – un métier qui te plaît avec un petit salaire ou un métier qui te plaît moins mais qui gagne mieux ? – moi là aujourd’hui je m’en fous mais pour moi le plus important faut que je sois bien payé – un métier qui me plaît sinon il n’y a pas de motivation – c’est bien l’oseille – un métier qui paye comme ça tu peux faire ce que tu veux – l’argent y’en a partout – vas y, y’en a partout mais comment tu fais pour l’avoir» – RIRE –







