Blog
A TIPIMI, 43 rue Pierre Legrand…
le jardin des Saprophytes…
Le saviez-vous?
Fives Cail s’appelait à l’origine l’usine de Fives- C’est un ancien général belge accompagné d’un français qui a acheté le terrain pour construire l’usine
- Il y avait des fortifications à Fives avant son développement industriel
- le nom « Mont de Terre » est lié à la construction de ligne de train Lille-Paris et surtout de la gare de Fives. Les travaux ont fait qu’il y avait un mont de terre à cet endroit…
- banlieue, ça veut dire « soumise au banc »
- En 1800, Fives comptait 800 habitants, 100 ans après 19000…
- Il y a une carte du monde sous le pied de la statue de la demoiselle de Fives place Degeyter.
Monsieur Duhermel
Duhermel, en breton ça veut dire « fils d’Armel ». Mais le Monsieur Duhermel que nous avons rencontré n’est pas breton pour un sou. Il est descendant de flamand, à l’époque où des bretons se sont installés aux Pays-Bas pour l’expansion de leur commerce. Monsieur Duhermel est né dans le Vieux-Lille, a habité à Villeneuve d’Ascq avant de finalement arriver à Fives à la mort de sa femme. Et il a beaucoup de choses à nous raconter.
Il nous reçoit dans un appartement de la rue de la Gaité. Le couloir de l’entrée est recouvert d’assiettes décoratives en porcelaine, souvenir de divers évènements et villes françaises. Des tableaux d’Alexandre Desrousseaux (« Le p’tit quinquin », « L’canchon Dormoire »), des vieux gramophones et autres phonographes, des tableaux. Et surtout, il est « amoureux de sa ville ». Alors, quand il est arrivé à Fives, il est allé à la mairie pour demander ce qu’il pouvait faire, lui qui savait seulement lire et écrire (les activités manuelles, c’est pas trop son truc). On lui a dit que s’il le souhaitait, il pouvait s’intéresser à l’histoire de Fives. C’est comme ça qu’il a commencé sa longue immersion dans les entrailles de la mémoire fivoise. Aujourd’hui, 21 classeurs trônent dans une armoire vitrée. 21 classeurs qui retracent l’histoire de Fives de 1100 à aujourd’hui. 1104, c’est le moment de la construction du prieuré, autour duquel va se construire les premières habitations. Fives a la réputation d’avoir « une eau qui combattait les fièvres ». Pour ce qui est de l’origine du nom du quartier, apparemment les avis divergent. « Fives ça vient de l’anglais… Non mais… ça c’est une idée de maboule ». Pour Monsieur Duhermel, Fives ça vient de « fief », la donation qui appartient au seigneur.
(ça c’est une gravure de Fives y’a bien longtemps, dans les années 1100 et quelques)
Parmi les grands évènements qui ont marqué le quartier, il nous cite le grand développement industriel. Une catastrophe selon lui, « je maintiens ». En 1803, il y avait 956 habitants à Fives. 100 ans plus tard, il y en avait 35 000. Fives n’était plus l’endroit de verdure où il faisait bon venir se promener le dimanche après-midi 2/3 siècles auparavant. Beaucoup d’entreprises textiles avant que l’usine de Fives n’ouvre ses portes. A ce moment, Fives est redevenu un quartier annexé à Lille, alors que quelques années plus tôt, après la révolution française, c’était devenu une ville à part entière. Et puis la première guerre mondiale, qui touche beaucoup d’usines et encore plus d’ouvriers. L’industrie fivoise a du mal à s’en remettre, elle se relève dans l’entre deux guerres et avant de prendre la seconde guerre mondiale de plein fouet.
Monsieur Duhermel nous dit que tout le monde n’est pas d’accord sur l’histoire de Fives, lui a sa propre version. Tout est recensé dans des classeurs qui condensent ces écrits, des archives, des photos d’époques et autres gravures. Il a même prévu de tout donner à la mairie de quartier à sa mort.
Papillons et poésie
9h tapantes, Marie, Lucien et Zelda arrivent à la médiathèque de Fives, rue Bourjembois en même temps que les participants de « Poésie Locale ».
Mathieu Boudeulle est éducateur spécialisé à l’ESAT de Fives, une structure qui fait partie des Papillons Blancs de Lille. Avec un groupe qui mêlent des personnes de l’ESAT et des habitants, il est à l’origine d’un projet autour de l’appropriation du quartier. Le groupe, constitué de 12 personnes, se réunit tous les jeudis matin à la médiathèque. Pour l’instant, ils écrivent avec Amandine Dhée des poèmes sur leur rapport à la ville. Ensuite ils travailleront avec un.e photographe puis un.e plasticien.ne. Tout ça donnera naissance à un petit livre qui reprendra tout ce qu’ils ont pu faire au cours de ces ateliers. Aujourd’hui, le groupe n’est pas au complet. En plus de Mathieu et Amandine, nous faisons la connaissance de Damien, Myriam, Mohammed, Laurent, Pascale, Christine et Evelyne. On s’installe, qui veut un thé? Un café? Un jus de pomme? Un bichoco? C’est presque la dernière séance d’écriture, la semaine prochaine, ils choisiront quels textes apparaitront dans le livre. Et puis ils iront manger ensemble au restaurant. Pas au restaurant d’application, ils s’y sont pris trop tard pour la réservation. Alors peut-être à La Galette de Moulins, vers la porte de Douai, ou peut-être au libanais rue de Lannoy à Fives. Pascale nous montre les tableaux qu’elle peint, elle les vend et a peut-être trouvé acheteur à la médiathèque. Evelyne nous conte une chanson, c’est un poème de Jacques Prévert qui parle d’escargots qui arrivent trop tard pour voir les feuilles mortes de l’automne. Puis Christine nous chante Göttingen de Barbara. C’est joli et mélancolique, ça va bien avec la pluie qui cogne sur les fenêtres. Damien nous dit qu’il peut conter Barry White, mais il ne connaît pas la chanson par coeur. Amandine annonce le déroule de la séance : ils vont d’abord écrire des textes individuellement, ils feront ensuite un temps d’écriture collective. Elle nous lit un extrait d’un livre de Véronique Joyaux, « Les âmes petites » pour amorcer le temps d’écriture : aujourd’hui, ils devront écrire sur quelqu’un d’autre, un.e ami.e, un.e inconnu.e, une personne qu’ils voient tous les jours ou qu’ils ont aperçu dans la rue. Tout le monde ne sait pas écrire mais Mathieu et Amandine sont là pour prendre le relais. Damien écrit sur la jolie fille avec une jupe et des bottes qu’il a croisé sur la place Degeyter. Christine écrit sur Christian, sur sa voisine, sur Damien, sur la demoiselle de Fives, sur « toi ». Myriam se promène dans son quartier. Laurent nous parle des caissières du supermarché dont il ne connait pas la couleur des yeux, la couleur des cheveux, mais il sait qu’elles lui sourient.
Pascale des Papillons Blancs adore faire des tableaux…5 euros le tableau Madame!
Devanture de TIPIMI (Toi et moi)…
Amandine qui mène l’atelier d’écriture avec les papillons Blancs à la médiathèque le jeudi matin / projet « Poésies locales »
Il y a…
Il y a un chemin de fer
Il y a des hommes sensibles dans les jardins partagés
Il y a des choux de Bruxelles squatteurs
Il y a Joackim qui fait un jogging à 22H dans les rues de Fives
Il y a des chiens en platre
Il y a une mémoire ouvrière forte
Il y a des initiatives locales
Il y a des transitions, des nécessaires, des plus commerciales
Il y a des chats en nombre
Il y a le quartier des peupliers et le petit Maroc
Il y a une dame de 89 ans qui ne sait pas défaire toute seule son frein à main
Il y a des jeunes, des vieux, des familles, des étudiants, des chiens qui s’appellent Clochette
Il y a peu d’espaces verts
Il y a des immeubles jaunes où des artistes vivent dedans
Il y a des lieux réservés aux hommes et un lieu réservé aux femmes
Il y a Julien qui joue de la guitare mais qui est timide devant la caméra, c’est pour ça qu’il joue de la guitare
Il y a les repas participatifs d’EPHATA
Il y a plusieurs bornes V-Lille
Il y a les papillons blancs qui écrivent de la poésie à la médiathèque
Il y a le club de foot Marcel Duhoo : Fivois un jour, Fivois toujours!
Il y a des gens qui achètent encore des ponchos
Il y a de la musique, de la joie et des chants à KORZEAM
Il y a le marché de Fives le mercredi après-midi
Il y a des vieux monsieurs avec des histoires incroyables à l’EPHAD Les Camanettes
Il y a Vishnou qui veille sur nous
Il y a des voisins qui se prêtent des objets, des voisins qui réparent des objets
Il y a Richard qui a une bebar de Guedin
Il y a une forêt jardin, des artichauts, des chou-fleurs, des brocolis, des framboises, des groseilles…et des scoubidousbidous
Il y a plein de Kebabs rue Pierre Legrand
Il y a des cuivres, des tambours, des serpents et un oud le dimanche matin à l’Harmonie
Il y a de la poésie locale et des problèmes de stationnement
Il y a un couple de voisins du théâtre Massenet qui a 62 ans de mariage
Il y a Fives Cail
Il n’y a pas de cailles ou alors on ne les a pas vus
Il y a plusieurs écoles
Il y a de la vie












