D’un côté le service jeunesse, de l’autre la ludothèque.Rdv 14h30, on nous a dit que les portes de la ludothèque nous étaient grandes ouvertes ! On en a donc profité et on a passé une belle partie de l’après midi là bas. On a parlé avec Sonia et Xavier. Sonia adore son quartier, quand elle parle du plateau ses yeux pétillent. Ses parents sont arrivés du Portugal pour s’installer en France, ils ont atterri à Ris-Orangis, et y ont fondé leur famille. Sonia y est bien, quand elle en parle on dirait que c’est un village où tout le monde se connait, se parle. Sonia travaille à la ludothèque depuis 14 ans et Xavier depuis 4 ans, on sent qu’ils s’entendent bien, ils sont complices, et c’est un plaisir de passer du temps avec eux. On prend rendez vous pour jeudi après midi, on reviendra avec Mourad.
Portraits
Xavier, Didier et Sonia

Rachida et Amély à la ludothèque

Ris-Orangis, plateau : Jour 1
On est arrivé ce matin à Ris Orangis plus ou moins au complet.
Le Moulin du monde – mjc nous ouvrent ces portes pour la semaine , ce sera notre QG !
Les techniciens magiciens du Théâtre de l’agora à Evry nous ont confectionné une boite noire au fond du moulin, Rachida (du moulin) a tout chamboulé pour nous acceuillir et Amély (du théâtre) est toute la semaine avec nous.
On est ravi, à peine le temps de poser le matériel (tiens d’ailleurs comment la malle à costumes des ateliers au Bateau Feu à bien pu atterrir ici ? bon on moins on a la perruque de « La salle d’attente de Samuel » sait-on jamais )
A peine le temps de poser le matériel donc et on part sur le marché. Se mettre dans le bain, le marché est un moyen formidable d’entrer en contact avec les gens.
La population de Ris est multiculturelle, c’est la première fois que l’on me demande une présentation du travail de la Cie en anglais… et déjà en français le projet n’est pas toujours facile à présenter. Mais on s’en sort !
On est nombreux Mourad, Martine, Didier, Eléna (notre stagiaire de la semaine), Amély, Rachida, Jérémie, on présente le film-spectacle à tous les gens qui passent, et on propose aux habitants de poser pour nous devant la caméra pendant 10 sec avec une citation de leur choix.
Un jeune homme choisi « La mesure de l’amour c’est aimer sans mesure ». Il dit c’est important l’amour – et ça fait souffrir … Il dit il faut que ce soit égal – Je dis il y en a une autre (de citation) qui pourrait vous convenir » Un seul remède, si l’on en peut user: aimer plus fort qu’on ne souffre. » Je vais la retenir celle là me dit – il.
On a appris tout à l’heure qu’il y a 44 nationalités représentées sur Ris Orangis plateau.
Après le marché – point planning, on manque d’interview, on va demander à Rachida de nous présenter des habitants. Il est déjà l’heure de rejoindre notre cantine de la semaine Restaurant Alanya ça tombe bien on est tous partis tôt ce matin, et on meurt de faim !
Elena nous a rejoints

Tract

Y a une route, tu la prends, qu’est-ce que ça coûte ?
Demain grand départ pour Evry, Ris Orangis. Tous le matériel est prêt. C’est parti pour un nouveau portrait. Ce soir on joue la Brique à Bösegehem, demain à Boeschèpe et dimanche à Bailleul. Chaque soir, avant le spectacle, on va diffuser un film d’une demie heure, qu’on a réalisé cette semaine avec Martine, Didier et Jérémie et Hvdz et le centre culturel d’Hazebrouck et les habitants des trois communes. Allez ! Allez !
entre deux portraits, de La Chesnaie (St Nazaire) à Ris Orangis
Deux mots pour le carnet de route avant de passer la main à Evry, Ris Orangis à qui il faut donner le bonjour de Hugo qui travaille aujourd’hui au théâtre de St Nazaire et qui travaillait auparavant au théâtre de l’Agora à Evry. On tourne une page difficile de notre livre des Veillées et des Portraits ; le quartier de La Chesnaie, à St Nazaire. A chaque fois unique, à chaque fois la fin du monde. C’est trop difficile de penser qu’on va peut-être ne pas revoir les gens. Rien ne dure. A la Chesnaie, les gens ont répondu avec enthousiasme à nos projets de rencontres et de réflexion. On a participé à des conversations, écouté l’histoire du quartier, entendu des paroles, des propositions, des visions du monde, qu’ on devrait mettre en pratique à l’échelle du pays, de l’Europe , du monde et qui nous rendraient humainement formidables et heureux… C’est du là qu’est venu l’espoir, c’est de là qu’il renaîtra.
3 jours après
C’est le temps qu’il m’a fallu pour me dire que je trouverai peut-être les mots après l’émotion, car oui, c’était mon premier portrait !! Impossible de privilégier un moment parmi la masse de souvenirs accumulés. Tout compte, chaque pièce du puzzle vient trouver sa forme pour dessiner ce beau visage fait de ceux de tous. C’est peut-être tout de même le porte à porte qui me restera, comme expérience de la puissante simplicité. Dans le portrait chinois, une dame a cité comme chanson « Tombé du ciel » de Jacques Higelin. Et c’est pour moi comme si chaque ouverture de porte était un cadeau inattendu, tombé du ciel en effet, un don pudique et généreux de quelques minutes d’intimité pour seulement participer, sans chercher à être beau, mais en l’étant tout simplement par sa présence. Les mots ici comptent si peu, ce sont les visages et les corps de ceux qui frappent à la porte et de ceux qui l’ouvrent qui constituent un paysage qui n’a rien de sublime et qui l’est pourtant. « Toute posture est une imposture » dit une des citations choisie par certains, cette jeune fille de 4ème du collège Morange par exemple. Le travail d’HVDZ n’adopte aucune posture, c’est un savoir faire et la cohésion d’une équipe mis au service de l’instant, et c’est bien en cela qu’ils font du spectacle vivant. Cette dizaine de jours, a, selon la formule de Maggie, mis le bazar de ma tête, chamboulé des valeurs, révélé des zones inconnues, mais surtout, elle m’a redonné confiance dans l’humain. Merci La Chesnaie!

