
Portraits
Dansons la randonnée
8h45. On est à l’heure. Près de l’église, les randonneurs sont rares. Il faut dire qu’il pleut. Qu’importe, on retrouve Marcelle, Muriel, Jean-Marie, Bernard et Marc, baskets aux pieds, sourires aux lèvres, gais comme des pinçons dans leurs cirés impeccables. Ils font partie du club de marche et sont très aimables. On fait connaissance tout en attendant un peu, au cas où il y aurait des retardataires. Il pleut de plus belle. Alors on reprend les voitures. Direction l’église de Masny, départ de la randonnée. Hervé, Guy, Marion et Jérémie se joignent aujourd’hui aux marcheurs du dimanche. Mais pas pour marcher! Pour danser! Danser dans les flaques, braver les rigoles, éclabousser la boue du bout des bottes, juste pour le plaisir de surprendre les randonneurs sur leur parcours, sur le toit d’une cahute, dans un recoin de verdure ou à la sortie du bois. C’est comme lors des courses. Les athlètes sont (pour)suivis par une voiture qui les ravitaille. Aujourd’hui, la voiture transportait des danseurs tout terrain, un directeur de rally-chauffeur de compagnie, une sono sur roulettes et de la bonne humeur en paillettes. On a dansé pour nos amis marcheurs, on les a perdus, retrouvés, reperdus, retrouvés, on a marché aussi, mais sur les mains, sur les rails et les traverses. On a fait coucou, on a scruté les champs, on a attendu longtemps au passage à niveau, entre deux trains, deux averses, et à la fin, trempés, heureux, on a partagé un sourire radieux sous une pluie de plomb. Retour à l’église de Masny. La boucle est bouclée. On a dansé sous la pluie et randonné heureux. Au revoir, bon dimanche et rendez-vous à la croisée d’autres chemins! On se revoit mardi à la salle Griffon à 18h ou 20h30 pour le film spectacle!
extraits

Dimanche matin
Tout est calme au QG. Guy, Hervé, Marion et Jérémie sont partis à la randonnée hebdomadaire du club de randonneurs, offrir des danses à trois endroits différents. Martine est déjà là en train de faire les montages pour le film spectacle, et Didier, Madeleine de l’Hippodrôme et Marie Nowak nous rejoignent au QG. On boit un café en parlant du sens de la vie. Quels sens chacun donne à sa vie ? et on parle du temps, de prendre le temps. Il paraît que les gens qui font beaucoup de choses se posent la question, qu’est ce que je fais de mon temps ? Pas le temps d’en discuter plus longtemps, Didier, Marie et Madeleine partent interviewer Renaud et son père. Renaud est directeur du centre de loisirs, on l’a aussi vu à la cantine le midi avec les enfants, et la kermesse de l’école Paul Cézanne samedi matin. En dérushant, Guy s’est rendu compte que Martine a demandé à un habitant si lui aussi avait travaillé à la coquetterie ? (il fallait entendre à la cokerie)
le paradis est là où je suis

La formule magique
Après-midi hors du commun. Quelques heures au paradis, c’est tout comme. A l’ancienne gare de Monchecourt, il y a des anges, des danseurs, des chats, des enfants, des arbres. Sous la tonnelle, petit café-causette. On rencontre Etienne et Bénédicte. Leurs enfants, Louis, Eugénie, Gaston. Cela fait vingt ans qu’ils vivent ici. La gare est devenue écrin, jardin enchanteur. A côté de la maison, le « chalet », ancienne buvette de la gare, réhabilitée en salle de répétition. Parquet flottant. Week-end et vacances sont consacrés à la danse. La compagnie Extrasystole réunit des danseurs, mais aussi Laurent, photographe, Robert Foucart, compositeur, et Christine Moskwa, écrivaine. Leur nouveau projet, c’est « La formule ». L’idée, créer une petite forme d’une dizaine de minutes, réunissant un objet, un lieu, un texte, un danseur, une musique. Plusieurs « formules » peuvent ensuite se combiner. Claire, Audrey, Etienne et Bénédicte sont en train d’écrire ces petites formes. Ils nous montrent le travail en cours. Hervé et Marion les rejoignent pour construire une phrase ensemble, et la danser mardi soir au film-spectacle. Hervé mène la danse. C’est expressif et fort. Plaisir partagé. Laurent « shoote » et suit de près les corps des danseurs. On est tous en mouvement, en même temps. Dehors les oiseaux chantent. Le gros chat blanc sieste sur un banc, blanc. Sous la tonnelle, les coupelles de café vides s’éternisent, on dirait qu’on a posé nos valises. C’est intemporel. Parenthèse enchantée à l’ancienne gare. Tous les voyageurs descendent. Terminus.
A partir de quand habite-t-on un endroit ?
Didier rencontre un couple dans la rue. Il leur propose de participer au portrait de Monchecourt. Les deux de répondre ensemble : « Oh ,vous savez, ca ne fait pas très longtemps qu’on est de Monchecourt ». Didier: « Combien de temps ? ». Le monsieur : »22 ans ».
INRI dans l'atelier

INRI dans l’atelier

une clinche de boucherie
Après la gare « du bonheur » direction le porte à porte avec Didier et Marie. En deux heures on a fait 3 maisons. On a pris le temps, de l’échange de la rencontre. On a rencontré un monsieur adorable. Il parle avec nostalgie du Monchecourt d’avant. Il parle de la solidarité, de la convivialité, il dit qu’avant on était très jeune dans un système où l’on se levait tôt on allait à l’école, et en rentrant on s’occupait des bêtes. Son papa avait 100 lapins, des chèvres dans le garage pour le lait et des poules. Après le certif à 14 ans il est allé au lycée professionnel à Douai avec son frère. Il fallait prendre le vélo pour aller jusque Masny attraper l’autobus qui allait à Douai. Il a vécu toute sa vie à Monchecourt sauf deux ans après le mariage pour se rapprocher de son lieu de travail, mais il est revenu à Monchecourt. J’étais pas bien loin du clocher, et puis ma femme était de Monchecourt. Il raconte que quand la boucherie a fermé pour faire des appartements ils allaient tout détruire. Alors il a récupéré les portes des chambres froides, il a gardé le bois, le double vitrage et les clinches. Il les offre à Didier, les clinches, et il dit : si vous aviez le temps je vous montrerais mon atelier il y a des trésors dedans. On s’est dit qu’on avait le temps, on a pris le temps de visiter, de regarder les objets, de discuter. Il dit : C’est bien ce que vous faites, il faut garder quelque part cette mémoire là. Il dit : vous allez mettre ça dans un coin de votre portable et ça fera le chemin. On arrête le porte à porte après lui, en se disant qu’on a la chance de pouvoir prendre le temps.
