Actualité
Cartoon’s…
Promesse de l’aube.
Sortie d’écoles. Une petite place sépare les deux écoles primaires et maternelles. On débarque sur la place avec notre sono portable et on lance les valses de Vienne. Très vite Didier tourne et tourne avec une dame qui est venue chercher son fils et qui attend devant l’école. Puis c’est Jérémie qui danse avec une autre dame et Marie L. et Marie S. et Guy, Lucien, Mourad. Toute l’équipe tournoie pendant tout le temps de la sortie des écoles. Les enseignant-e-s ouvrent des grands yeux et se demandent ce qui se passe. On pense à on achève bien les chevaux d’Horace mac Coy. On voudrait danser jusqu’au bout du jour. Puis Didier danse seul, tout comme Lucien. Un côté Fellinien, un côté Nani Moretti. On prend à pied la route du retour, musique à fond dans les rues de la cité des Provinces. Marie L. fait l’équilibriste sur les barrières en béton. Didier porte la sono portable mais lourde à bout de bras et valse comme on porte une partenaire très haut. On défile dans les rues comme des aviateurs d’une bataille sans issue mais glorieuse. Lucien a de plus en plus des airs de Romain Gary, dans Promesse de l’aube.
Les enfants de l’école pasteur
Lucien a vu un visage dans le mur de l’école
Poésie du hasard à l’école
Un deux trois soleil
C’est mieux tout de suite
Fanny Chlebowski et Delphine Pieru sont enseignantes à l’école maternelle de la cité des Provinces.
Fanny a grandi ici, elle a été élève dans l’école où elle enseigne aujourd’hui, chez les moyens grands.
Delphine a grandi pas loin, dans une autre cité minière. Elle a la classe des grands et le poste de directrice, depuis huit ans.
Dynamique elle-même, elle a pris la suite d’une autre directrice dynamique.
Toutes les deux apprécient le quartier, pour son histoire et pour son dynamisme, auquel elles contribuent fortement: elles impliquent les parents dans leur enseignement, les invitent à venir voir ce que font les enfants (c’est en ce moment même la semaine de l’école maternelle et ce matin, sept parents sont venus en classe avec leurs enfants), elles organisent des cafés pédagogiques pour parler tous ensemble de la parentalité: on est parents aussi, et ‘il y avait une éducation parfaite, ça se saurait et ça serait facile. Alors on se rencontre et on se raconte, on échange des idées, des conseils. Il s’agit bien là de partager et non pas d’enseigner en retrait de la vie, hors du monde. D’ailleurs, en hors-temps scolaire et avec un groupe de parents motivés, elles ont créé Cartoons. L’association s’inspire des activités de l’amicale, qui proposait une foule d’activité sur le quartier. Pour le moment, ils accueillent les enfants chaque premier mercredi du mois, mais ils comptent sur la fin des travaux pour que les effectifs grossissent à l’école (parce que pour le moment, en vidant les maisons, on a aussi vidé l’école et ce sont plusieurs classes qui ont fermé, depuis trois ans).
Fanny et Delphine, comme tout le monde ici, sont fières de leur passé minier. Elles regrettent que cette histoire ne soit pas plus transmise aux enfants et tentent de pallier à cela dans leur enseignement.














