On a déchiffré le spectacle, jusqu’au bout et fait des trouvailles, puisqu’on a intégré tous les étudiants de la promotion dans Les Sublimes. Ils, elles sont dix huit alors qu’il y avait 11 personnes sur le plateau dans la distribution originelle. Ce soir, on sentait la fatigue des quatre jours très intenses de travail que nous avons menés. On a commencé en fin d’après-midi à travailler par petites unités de quelques personnes pour préciser le contenu de toutes les séquences avec les personnes concernées : duo, solo, danse de groupe, quintet qu’on a transformé en septet, le travail à l’échelle, à la corde, les portés, les nouveaux duos et soli…
Nous ne sommes pas trop de trois pour mettre tout cela en place. On se sert beaucoup de la vidéo pour travailler. Mais on a connu, aujourd’hui, des gros problèmes puisque le spectacle, à l’époque, a été filmé en mini DV et à l’heure actuelle il n’existe plus beaucoup de matériel pour diffuser les mini DV. En fin d’après midi, le matériel nous a lâchés (ou bien c’est le lecteur ou bien c’est la cassette). On est dans la mouise. On a fait appel à Loos en Gohelle pour recevoir d’autres cassettes et on court à travers tout le Châlonnais pour numériser ce qui est filmé sur la cassette. On aurait dû, par ailleurs, emmener la grande robe rouge de Carole et la vergue de six mètres (on travaille avec une vergue de 4 mètres, ça réduit considérablement l’espace et ils-elles sont dix huit). Heureusement, le CNAC nous a fourni un mât (chinois) de six mètres.
Actualité
Les SUblimes, la reprise (acte 4)
On est au troisième jour de travail sur Les Sublimes. Ça bosse fort. On a bien avancé. On aura fait le tour du spectacle demain. Ensuite, il faudra faire et refaire. En précisant, à chaque fois davantage. On se rend compte que la bande son est compliquée. On a du mal à retrouver les repères. Qui sont aussi des signaux pour les acteurs. Mathilde refait une conduite pour tous les acteurs. On a intégré des nouvelles séquences qu’on construit au fur et à mesure du filage, pour que les 18 étudiants trouvent leur place sur le plateau, et leur plaisir. Avoir dix huit interprètes, c’est du luxe. Dans la vrai vie, ça n’existe quasiment pas. Alors, on en profite. Ce soir au Carrefour de La Croix Dampierre, il y avait moins de monde que les autres soirs. Ça va très vite pour faire ses courses. Pourtant le magasin est au moins aussi grand que celui de Liévin.
Les Sublimes, la reprise (acte 3)
Deuxième jour pour cette reprise des Sublimes au Centre National des Arts du Cirque de Châlons. On est à l’oeuvre, Mathilde et Guy et toute l’équipe des étudiants de deuxième année, accompagnée de Marie qui est enseignante pour les aériens (cadre, trapèze). Les techniciens-magiciens sont attentifs à nos besoins et Johnatan, Kati, Marcello répondent à toutes nos difficultés techniques avec beaucoup de disponibilité et de gentillesse. On a commencé un filage cet après midi. Heureusement qu’on a embarqué la captation vidéo en plan fixe, de tout le spectacle en plan large, qu’on avait réalisée à Cherbourg pendant la tournée des Sublimes. Elle nous est d’un grande utilité puisqu’on peut voir chaque détail de tous les déplacement des interprètes du spectacle. Ce matin on a discuté pendant une bonne heure de la genèse et de la fabrication du spectacle. Comment on en est arrivé là ? On a tenté d’exposer les raisons politiques, sociologiques qui nous ont amenés à faire ça. On a raconté des anecdotes sur la construction du spectacle. C’est bien souvent ce qui est le plus parlant. Mathilde a raconté comment en tant que toute jeune danseuse (elle sortait tout juste du conservatoire), elle avait vécu ce spectacle-performance. Quand on est arrivé sous le chapiteau ce matin , à la Marnaise, la température était en dessous de zéro. On a vite lancé les souffleries qui ont réchauffé l’atmosphère, en moins de tant qu’il ne faut pour le dire. L’air est sec et le son tourne dans le chapiteau. En fin de journée, on sort de là ahuris, les cheveux dressés sur la tête. Vers 18H, Guy a rejoint sa chambre, à hauteur du pont de l’autoroute. C’est tout neuf et ça ressemble à un motel de cinéma pour voyageur sans bagage. Les lumières des voitures qui passent sur le pont, qui se trouvent à dix mètres des chambres, éclairent les couloirs qui sont en plein air. Quand on s’approche des portes une lumière s’allume, pour qu’on localise la serrure, afin de pénétrer son refuge, pour la nuit.
Les Sublimes, la reprise (Acte 2) Au delà ce cette limite le tiquet n’est plus valable
Pendant ce temps à l’école de cirque de Châlons en Champagne, des nouvelles têtes ont remplacé les anciennes, ce qui fait qu’on n’y connaît plus beaucoup de monde. En tout cas bien moins que la dernière fois qu’on est venu. Brigitte est toujours à l’accueil et part en retraite dans trois mois. Les étudiants avec lesquels nous travaillons avaient un an et demi, un peu plus ou un peu moins, quand nous avons créé, C‘est pour toi que je fais ça, au Cnac, en décembre 97. Toute la journée, pendant le travail, on a évoqué des tas de noms de gens qui sont passés par l’école. Des noms qui n’évoquent rien aux étudiants. Le CNAC s’est considérablement développé et les nouveaux studios de répétitions dans la friche de La Marnaise sont architecturalement sublimes. Demain, on a décidé qu’on ferait déjà un premier filage pour bâtir une base solide, un socle de travail sur lequel on pourra intégrer des séquences transformées en respectant le fil narratif et le sens du spectacle.
S.I.M.P.L.E.
Ce matin, Forbon et Marie sont allés faire un atelier au 9 de coeur à Lens. Le 9 de coeur est une association pour l’insertion des personnes en difficultés et en risque d’exclusion de la société, en vue du rétablissement de leur droit à l’autonomie et à une vie citoyenne digne.
Le but de la matinée était de rencontrer des femmes victimes de violences conjugales et de faire avec elles et leurs enfants, un atelier autour de la collecte de berceuses dans le cadre du projet SIMPLE de Forbon pour son pas-à-pas. Forbon et Marie y retourneront le 21 novembre toute la journée pour continuer le travail fait ce matin: on a chanté, enregistré des berceuses. Maintenant, il faut les retravailler. Forbon passera également un temps individuel avec toutes les dames autour des histoires de ces berceuses.
Le 14 décembre à Culture commune, Forbon fera une sortie de fabrique. On espère que vous viendrez découvrir ce travail très émouvant.

Les sublimes (acte 1)
Enfin arrivé à Châlons en Champagne. Quelle galère pour trouver à me loger ! Je suis dans un hôtel, place de la République. Je ne savais pas qu’il avait été refait. C’est plutôt réussi. En plus, je suis chargé comme un baudet. Et Châlons est plongé dans un brouillard à couper au couteau. J’ai pensé dormir dans ma voiture (faut dire que je n’ai pas réussi à rentrer dans l’espace de la Marnière où j’ai une chambre; on ne m’a pas donné le code de la grille), vu que j’ai un sac de couchage qui supporte des températures basses (jusque moins cinq degrés C°). Et j’ai écouté l’histoire des stoïciens pendant tout le trajet. J’étais prêt. Mais bon, c’est mon côté épicurien qui a pris le dessus Cueille le jour (la nuit et le brouillard en l’occurence) et voilà, je me suis trouvé une chambre d’hôtel. A cinq minutes près, ça fermait !
Introduction aux Pensées de Marc Aurèle
« L’empereur Antonin n’était pas un sophiste. Il menait une vie simple, se contentant de peu, pour sa demeure, sa couche, ses vêtements, sa nourriture, sa domesticité. Il était travailleur et patient. Il était fidèle et constant dans ses amitiés, Il supportait qu’on le contredise avec une grande franchise de parole. Et il était heureux si on lui proposait une meilleure solution. Il était pieux sans superstition. «
Un joli bouc dans une prairie qui mange un brin d’herbe
Que c’est triste Venise au temps des amours mortes
La compagnie tient bon. Au fil des ans et sans lieu, même si on a bien profité du 11/19 à Loos en Gohelle, et qu’on est lié au 11/19 et Culture Commune (on l’espère), pour toujours. On a démarré à collaborer avec Culture Commune (scène nationale du Bassin Minier), dès ses débuts, quand C.C était installée à Aix-Noulette (Chantal et Armelle dans les greniers de la mairie d’Aix). Nous étions, pour notre part, tout juste arrivés à Liévin, au théâtre Arc en Ciel où nous sommes restés six ans. Je ne sais pas ce que le théâtre Arc en Ciel est devenu. Cette belle salle de spectacle a vu la création de toutes sortes de spectacles qui ont connu par la suite des tournées internationales, avec Claire Dancoisne ou le Ballatum théâtre et bien d’autres encore. Je me souviens tout particulièrement d’un stage organisé avec toutes les assistances sociales du liévinois. Un moment unique où nous leur avons raconté l’histoire du théâtre récent et décortiqué les différentes phases de la construction d’un spectacle. Et par la suite nous avons mis en scène un spectacle avec elles, à partir de leurs propositions, que nous avons mêlées à des danses, des textes puisés chez différents auteurs contemporains de théâtre et de cinéma. Sur des airs de musiques tels Carlos Gardel ou Charles Aznavour. Tout cela était né d’un initiative de Bernard Bones, directeur à l’époque du théâtre Arc en Ciel.
qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre
Comment je ferais, si j’étais un homme en route, comme les appelle Ferri ? J’ai bien du mal à m’imaginer ! J’aurais la haine sans doute d’être traité comme on traite les migrants en France. Mais l’objectif, ce serait d’obtenir des papiers pour vivre légalement quelque part en Europe. J’aurais eu bien du mal à arriver jusqu’ici. Si j’avais réussi à passer la Méditerranée en vie et que j’étais conscient des épreuves que j’allais devoir surmonter, aurais je continué mon chemin ?
Ce que ces gens accomplissent est surhumain, héroïque et on les reçoit avec des coups de bâtons. Ces gens fuient des guerres dont nous sommes en grande partie responsables. Si j’étais l’un-e d’entre eux ou elles, je serais devenu fou-olle de rage et de chagrin. Je ne me serais jamais imaginé un occident aussi inhospitalier.
Aujourd’hui F.Hollande a demandé pardon aux gitans parce que la France a participé à la déportation des gitans dans les camps de concentration, en Allemagne et en France. Dans 70 ans, on demandera peut être pardon aux Soudanais, aux Érythréens, aux Irakiens, aux Afghans, aux Syriens d’avoir été aussi cruels alors qu’ils avaient tant besoin de nous. On a appris aujourd’hui qu’environ trois à quatre mille personnes ont perdu la vie en mer méditerranée, en voulant rejoindre l’Europe.
La base de la construction européenne était « plus jamais ça », après la seconde guerre mondiale. Pour un monde sans frontière qui coopèrerait, qui discuterait, pour empêcher les guerres, la déportation, la violence. On l’a oublié en chemin avec la disparition des derniers rescapés d’Auschwitz, Ravensbrück, Dachau…

