Alors qu’en Bretagne…

« Eperlecques » fait sa pré-rentrée. François et Lucien sont partis hier de Lille, pour arriver à Hédé-Bazouges, villages récemment réunis, à 20 minutes de Rennes. Ils viennent jouer le spectacle au Festival Bonus, festival aujourd’hui biannuel, vieux de quarante ans, organisé par le Théâtre de Poche.

Ils devaient jouer deux fois à l’école publique, mais le spectacle « ART » ayant dû être annulé, ils prennent la relève et se retrouvent donc avec trois représentations dans le théâtre lui-même, beau comme un prince de bois. Hier, Sylvain les a accueilli tout sourire en fin d’après-midi avec un pré-montage déjà fait. Au bureau, tout le monde s’agitait, on a fait le point sur la venue potentielle de pros, sur l’organisation générale, l’interview à prévoir avec une radio rennaise, etc. Un pied à Hédé (on ne dit pas toujours Bazouges) et tout était déjà en route.

Cette nuit ils ont dormi chez Janine (aussi appelée Ninja), ancienne maire du village, dans deux chambres d’une très jolie maison. On leur a prêté des vélos, ce qui leur permet de rejoindre en dix minutes à peine ce coin de verdure hors du monde.

Là, il va être l’heure d’aller manger, avec les cinquante bénévoles enthousiastes, et peut être les autres artistes déjà arrivé.e.s. A 14h, on continue le montage, on file, et à 20h30, les breton.ne.s seront invités à venir visiter ce petit village du Pas-de-Calais.

Ainsi tout passe, ainsi tout lasse, ainsi nous mêmes, nous passons

Les jours ont déjà sérieusement raccourci. A 6h30 du matin, il fait à peine clair. C’est l’heure à laquelle, quand j’étais au collège et au lycée, je quittais la maison tous les matins pour aller prendre le bus à l’autre bout de la cité. L’autocar scolaire nous embarquait vers 7h10. On passait par le centre du village et puis Floringhem et St Pierre les Auchel et là, le bus était archi-plein. Les bus déversaient des cohortes de lycéens, qui venaient de tous les villages de 5 à 10 kms à la ronde. De Allouagne ou Lapugnoy à Calonne Ricouart et Ferfay. Vers 7h50, une bonne dizaine d’autocars stationnaient devant le lycée d’Auchel. Les premiers cours démarraient à  8 heures. On finissait à 17h et on allait en permanence pour attendre la sonnerie de 17h30 et reprendre le bus de retour. Le lycée était situé dans les anciens grand bureaux des mines d’Auchel.

Tenir bon

Encore quelques semaines avant que la saison ne reprenne. Et le retour de la troupe. On a des projets un peu plus espacés que ces dernières années. On peut dire, ces 14 dernières années. On ne restera pas sans rien faire, là n’est pas la question. On va à Capdenac faire un Portrait mi-septembre. Puis, on a prévu un travail autour de No Border (texte de Nadège Prugnard). On ira à Auch, reprendre les Sublimes pour le festival. Il va y avoir une tournée nombreuse de Eperlecques. Des tentatives nouvelles de soli et de duos. Et ce à quoi, nous n’avons pas pensé encore. Montluçon, la reprise de London Calling et apparentés pendant une semaine.

Cha drache

Après quelques jours de canicule en ce début de mois, nous avons maintenant un temps d’automne. On a fait le point avec la psychiatre, lundi après-midi, à l’institut médico psychologique de Bruay la Buissière, qui dépend de l’Epsm de St Venant. Ça suit son cours. Ni plus ni moins. On ne change pas une équipe qui se maintient. Pas comme le Racing Club de Lens, avant dernier de la deuxième division. Gervais Martel, le président de Lens aurait dû acheter Neymar. Je suis passé au Racing en début de semaine passée. C’est juste à côté du Louvre Lens, ben dis donc, pas une voiture sur le parking du Louvre (une dizaine maximum). C’est la Bérézina. Pourtant tout est gratuit au Louvre. Ça n’est donc pas une question d’argent. Comment expliquait cela ? A mon sens, il faudrait proposer d’autres activités, amener les enfants et les jeunes des alentours à participer à des vastes chantiers d’art, par la pratique et conseillé-e-s par des bons pédagogues et des artistes. Tiens, comme on a fait à Valenciennes, avec la scène nationale du Phénix et l’opération Nickel. La pluie n’empêchera personne d’aller faire un tour au canal d’Aire.

On n’a jamais fini de rêver

Oh là, quand tu crois que t’as fini, en fait, pas du tout, c’est le moment de terminer ce que t’as entamé un jour, sans jamais aller jusqu’au bout. A ce rythme-là, y a forcément des trucs qu’on finira jamais.
Lucas m’a dit qu’avec ma veste de survêtement rouge, je ressemblais à Hugo Chavez ou Raoul Castro. Il a l’oeil aiguisé, Lucas.

Comme des archéologues de sa propre histoire

Ça travaille toujours. Puisqu’on donne la dernier coup de collier au livre. On a passé en revue les textes qu’on a utilisés dans la mise en piste des spectacles de cirque d’Hvdz. Il a fallu fouillé au plus profond dans nos archives. On n’a pas réussi à remettre la main sur tout. Mais l’essentiel est là et ce travail d’inventaire est palpitant. C’est un travail difficile. Il faut en imaginer la forme, rédiger des nouveaux textes qui introduisent et éclairent les différents étapes de l’évolution de la compagnie. Si tout va bien, on devrait avoir bientôt en avoir terminé. Cyril Thomas et Ariane Martinez sont nos guides dans la construction de cet ouvrage.