Un temps de résidence – des actions culturelles et artistiques– un blog – un film-spectacle

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Les veillées, et les portraits, c’est un spectacle constitué d’une mise en œuvre de performances, d’actions artistiques qui génèrent l’écriture de textes, de chorégraphies et la fabrication de films qui rendent compte de la rencontre d’artistes avec des populations. C’est rendre compte d’une histoire, une drôle d’histoire simple. C’est créer à partir de ce que les gens nous racontent et à partir de ce qu’on a besoin de dire sur le monde. C’est aller à la rencontre et en rendre compte à la manière d’artistes qui s’emparent du réel et qui prennent position (politiquement, artistiquement, je veux dire). Le fil de l’œuvre qui se fabrique au long des entrevues, des errances et des performances, c’est la ville ou les quartiers en question.

Non contents de fabriquer nos spectacles pour dire notre désir de justice sociale et d’égalité sur les plateaux de théâtre, nous descendons dans la rue, à la sortie des supermarchés, sur les places publiques, nous allons dans les cages d’escalier pour discuter et développer en direct le processus de création avec les acteurs vrais des quartiers. Faire du spectacle vivant. C’est faire du spectacle vivant ! Et on y mêle danse, théâtre, vidéo, cirque et paroles d’habitants.

Ce sont des créations successives. Chaque résidence-création est un nouveau spectacle conçu avec les acteurs d’une ville où la compagnie s’installe. Le spectacle particulier des veillées sort de l’ordinaire. Il se crée au fur et à mesure des rencontres, de la présence de la compagnie ici, là, ou ailleurs comme un travail en évolution qui se termine par une représentation qui raconte la cité, l’art, les populations vus par une troupe d’artistes – errants – vagabonds – flâneurs – situationnistes qui hument, respirent, discutent, dansent. Au coin d’un bar, au milieu d’une rue, au balcon d’un immeuble, près d’un arrêt de bus.

Au final une représentation qui mêle tous ceux que ça intéresse et ceux qui ont participé à l’aventure. Des gens qu’autrement rien ne réunirait. C’est ça l’histoire, c’est ça le risque ! Sinon à quoi bon.

Guy Alloucherie


 

 


Présentation

Au centre de loisir Monseigneur Delaval hierUne résidence artistique,

Une rencontre avec un territoire et ses habitants

Un spectacle construit de ces rencontres avec les habitants

« C’est par tous les moyens cirque, danse, théâtre, vidéo, aller à la rencontre des gens pour collecter des témoignages et inventer ensemble des formes d’art où les gens se sentent concernés par ce qui s’y dit et ce qui s’y fait »

« Ces projets sont fait de toutes ces rencontres et d’allers et venues, de promenades, de marches dans les rues et d’interventions artistiques qui mettent en jeu les habitants des quartiers populaires et les salariés de la compagnie pendant le temps de nos résidences. »

Les projets de création, de recherche et de développement artistique culturel de la Compagnie HVDZ s’inscrivent dans la ligne défendue depuis plusieurs années, celle d’un engagement pour le développement d’une culture commune exigeante et populaire.

HVDZ déploie son projet artistique et culturel à partir de son territoire proche, les cités minières au carrefour de Lens et Liévin et de là, plus loin dans la région, en France et à l’étranger.

Cherchant à faire coïncider « recherches artistiques, action culturelle et engagement militant », la compagnie est engagée dans un travail d’écoute et de lien, qui questionne le monde qui l’entoure et s’interroge sur la place de l’art dans la société.

Le travail sur les récits de vie, la mémoire ou la culture ouvrière sont autant de sujets qui nourrissent son écriture et sa parole. Une autre constante dans la définition de son langage s’appuie sur le décloisonnement des genres artistiques (théâtre, cirque, danse, arts plastiques) qui mène à atteindre un point d’équilibre esthétique entre geste et parole, engagement physique et militant.

Guy Alloucherie et la compagnie Hendrick Van Der Zee proposent depuis 11 ans dans la région, ailleurs en France à l’étranger, des résidences-spectacles qui se ré-inventent chaque fois, faites pour et avec les habitants des quartiers, des villages visités, l’art et la culture comme source de conversations.


Les résidences de création in situ se déclinent en trois temps :

Le TEMPS DE DONNER

Pas-de-basketteur aux vidéoprojecteurs

L’équipe séjourne une ou deux semaines dans un quartier, un village, y prend place et rayonne à partir d’un lieu identifié par les habitants (salle municipale, maison de quartier, …) jusqu’aux limites de ce territoire en multipliant les actions artistiques. Il s’agit d’être ouvert à toute éventualité, à toute forme de rencontre. S’inscrire dans le quartier, y gagner une légitimité.

Chaque résidence, du fait de son lien à un territoire et à ses habitants, est original et impose d’inventer à chaque fois. Ce sont les échanges entre les dynamiques des artistes et celles des habitants qui engendrent ce dynamisme.

Pendant une ou deux semaines, les artistes de la compagnie s’inscrivent dans le quotidien du bassin de vie pour :

parler d’art et de culture, mener différentes actions et ateliers artistiques (théâtre, danse, vidéo, arts plastiques…) avec les habitants, les structures associatives, les écoles, collèges, lycées…
investir l’espace public (propositions artistiques impromptues dans les rues, les commerces, les places publiques, les cours d’écoles, etc)

LE TEMPS DE RECEVOIR

Le concept de ces résidences de création est de susciter la rencontre entre des artistes et les habitants d’un territoire. Pour ce faire, la compagnie mène durant son temps de résidence, de nombreuses entrevues avec les personnes qui leur offrent leurs mots, acceptent de se raconter, de partager leur culture avec la compagnie. Nous sommes bien souvent témoins d’une vitalité, de volontés créatrices, d’un désir et d’une lutte pour mieux vivre ensemble. Nous relayons les actions, les paroles et les réflexions.

Au cours de chaque résidence, nous voyons s’architecturer le quartier ou village dans lequel nous sommes installés via les rencontres que nous faisons. Les habitants nous guident, nous font découvrir leur espace, définissent les limites des territoires, donnent vie au lieu, nous donnent à voir l’invisible. Via les interviews et les conversations se développe une certaine intimité qui permet d’interroger le rapport singulier qu’entretient chacun avec l’art.

LE TEMPS DE RESTITUER

Nous ne sommes ni des journalistes, ni des sociologues, c’est notre regard d’artistes que nous offrons aux habitants. Durant ces résidences, la compagnie collecte une matière dense et brute. De cette matière, la compagnie entend faire une œuvre d’art, une expression artistiques à la fois populaire, exigeante et engagée. La fin de la résidence donne lieu à un film-spectacle qui fait le lien entre les images d’un territoire, de ses habitants et celles qui naitront de la danse, du cirque et du théâtre. Au terme de la résidence, la compagnie créé donc un spectacle, montage de textes, films et danses qui reflètent la richesse d’un territoire et qui offre aux habitants la possibilité de voir d’un œil nouveau et positif leur quartier ou village. Cette soirée, qui se déroule au cœur du territoire, tous sont conviés pour un temps d’échange et de partage.

Cette démarche artistique prend aussi la forme d’un journal de bord publié sur le blog (http://www.hvdz.org/blog/) alimenté au quotidien de photos et de textes qui évoquent, racontent notre parcours au sein du territoire et avec les habitants. Ces derniers ont la possibilité d’inscrire leurs commentaires, de réagir. Ce blog est, en outre, l’occasion de partager la richesse de cette expérience artistique à destination d’un public plus large et d’ouvrir les frontières des territoires de nos résidences.

Vidéos

EQUIPE DE CRÉATION
 Collectif HVDZ avec les habitants des quartiers

COLLECTIF DE CRÉATION
 Guy Alloucherie, Jérémie Bernaert, Martine Cendre, Didier Cousin, Flora Loyau, Howard Richard

Les acrobates, comédiens, danseurs, techniciens, blogueurs qui ont participé aux Veillées :
Marie Letellier, Frédéric Arsenault, Mathilde Arsenault-Van Volsem, Camille Blanc, Maggie Deleglise, Iffra Dia, Dorothée Lamy, Alexandre Fray, Hervé Hassika, Frantz Loustalot, Hassan Razak, Pierre Staigre, Guillaume Legras, Jean-Louis Vandevliet, Catherine Pavet, Lionel About, Leïla Ariche, Frédéric Barrette, Blancaluz Capella, Manuelle Haeringer, Caroline Masini, Rafael Moraes, Tamires Souza dos Santos, Eros Valerio, Paulo Chamon, Rubia Neiva, Rodrogo Rojas, Cynthia Domenico, Marco Diniz, Howard Richard, Charles Davidson, Ester França Monteiro de Barros, Marisa Riso, François Paco Meslouhi, Mascote, Fabio Dornas, Sébastien Radouan, Isabelle Ribot, Eva Sol, Charlotte Rigaut, Marion Collé, Mathieu Gary, Yasmin Rahmani, Marie Stevenard, Mourad Bouhlali, Isabelle Hazael, Marie Bouts, Christophe Guilloteau, Thierry Montaigne, Solenn Goix, Julien Leonelli, Ricardo Montserrat,

PRODUCTION : 
Compagnie Hendrick Van der Zee
Culture Commune scène nationale du Bassin minier du Pas-de-Calais. 
Avec le soutien de la DRAC Nord/Pas–de Calais, du Conseil régional du Nord/Pas-de-Calais, du Conseil Général du Pas-de-Calais.

Revenir à Chalmazel-Jeansagnière

Toujours difficile de quitter une veillée, un portrait. Et cette fois-ci encore.
Et voilà qu’Amélie, de Supertrat, nous envoie des photos. Des veilleurs, avec des caméras, devant des chalmazellois – pour une histoire, une citation, une conversation filmée, un ‘pas-de-porte’. Et hop, on monte tout de suite de la plaine (ou même de plus loin, du nord de la France) à la montagne de Chalmazel-Jeansagnière.
Le temps passe très vite pendant le portrait. Et après, ça reste très longtemps dans la tête. Peut-être parce qu’on vit, le temps de la fabrication du film-spectacle, dans un autre monde. Peut-être parce qu’on a croisé beaucoup de gens et qu’on emporte leurs histoires avec nous. Peut-être aussi à cause l’émotion partagée lors des représentations, et lors les discussions d’après spectacles. Et peut-être aussi parce qu’on s’aperçoit un peu plus chaque minute qu’il y a des choses qu’on a pas eu le temps de voir, des gens qu’on n’a pas eu le temps de rencontrer, des gens qu’on a rencontrés trop tard pour qu’ils soient dans le film-spectacle.
Et voilà qu’on a envie de remonter le temps, de rallonger notre temps de présence sur place, d’ajouter, d’ajouter des interviews, d’oublier qu’on ne peut pas faire un film de 3 ou 4 heures. Revenir pour rencontrer des gens qui travaillent des scieries, pour aller dans d’autres fermes, pour avoir le temps qu’il faut convaincre pour Marie-Louise d’être filmée, ou bien venir dans son café et l’écouter avec un carnet pour tout noter pendant des heures, revenir pour avoir le temps de convaincre les bucherons de raconter ce qu’ils nous ont raconté devant la caméra, pour avoir le temps de filmer les charpentiers aussi, et les infirmiers, qui sont dans le bourg certains matins juste à côté de la boulangerie (là où on a pu manger la fameuse tarte à la myrtille, et aussi le chausson). Et revenir en hiver aussi pour comprendre ce qu’on nous a raconté de la vie dans les hameaux loin du bourg, quand il y a de la neige partout.
Revenir à Chlamazel-Jeansagnière.

le départ d’Hvdz ou quitter Chalmazel-Jeansagnière

Départ en deux temps. Les premiers sont partis à 7h30 avec Superstrat rejoindre la gare de Boën. Christophe, Guy et une habitante de Chalamazel prennent le camion de Christophe « Rent a car » sur les coups de 10h30 jusqu’à Boën et Guy embarque dans le car pour Clermont, la dame rejoint le Var et Christophe , en camion prend la direction de Loos-en-Gohelle. Tous et toutes sur la route pour des destinations différentes. Bien content-e-s d’avoir travaillé à Chalmazel-Jeansagnière. La salle était archi-comble hier au soir. Que du bonheur !

En attendant la représentation de 19h30

Il y avait du monde à la représentation de 14h pour le film-spectacle, Le Portrait de Chalmazel-Jeansagnière.
Il y avait les élèves de l’école de Chalmazel : ceux de la classe de Madame Dupuy, la classe qui est à Chalmazel (les CP, CE2, CM1 et CM2), mais aussi les élèves de CE1 qui sont dans la classe de Madame Brun qui est, géographiquement parlant, à Saint-Georges-en- Couzan et qui sont spécialement montés à Chalmazel pour le film-spectacle. C’était beau de voir comment ils ont été happés par toutes les séquences du film : des interviews aux pas-de-portes, en passant par les travellings, les images filmées par le drone et les moments dansés par Mourad. On a eu l’impression que leurs yeux se sont arrondis encore un peu plus, si c’est possible, pendant la séquence « En attendant Godot »,  qui avait été filmée dans leur école lundi et où ils ont chacun joué Estragon qui se met en colère contre Vladimir.
Il y avait aussi beaucoup de public « hors scolaire ».
À la fin du spectacle, il y a un goûter pour tout le monde, l’occasion de parler de ce qu’on vient de voir. Certains reviendront ce soir, pour pourvoir le voir deux fois. Certains nous raconte qu’ils ont lu tout le blog hvdz avant de venir, et ils nous reparle de cette phrase : « À Chalmazel, c’est pas parce qu’on va à La Source qu’on boit de l’eau ». Certains sont émus et surpris, car « ils ne s’attendaient pas à ce que que ce soit si bien et si beau ». Et puis, on nous raconte des histoires qui ne sont pas dans le film, on nous parle du temps V V F, qui était par ailleurs un peu ‘auvergnat’, et dont certains vacanciers finissaient par acheter un maison à Chalmazel, on nous parle de personnes à rencontrer, d’autres agriculteurs par exemple, les gens des scieries, d’autres idées à proposer pour ‘revitaliser’ Chalmazel. On commence à avoir de la matière pour commencer « Le Portrait 2 » ou « Le retour du Portrait ».
En attendant, nous nous préparons pour la représentation de 19h30. Nous faisons une pause avec la merveilleuse tartelette à la myrtille de la boulangerie du bourg. À tout à l’heure.

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