Accueil
Agenda
Base 11/19
Faut qu'on parle
Les veillées
Les sublimes
La Compagnie
Points de vue
Inventaire de compagnie
AccueilContactsCréditsLiens
PrésentationGénériqueDates de créationPresseNotes de créationPhotos
 

« Les Veillées, c'est par tous les moyens cirque, danse, théâtre, vidéo, aller à la rencontre des gens pour collecter des témoignages et inventer ensemble des formes d'art où les gens se sentent concernés par ce qui s'y dit et ce qui s'y fait » 

« Les Veillées sont faites de toutes ces rencontres et d'allers et venues, de promenades, de marches dans les rues et d'interventions artistiques qui mettent en jeu les habitants des quartiers populaires et les salariés de la compagnie pendant le temps de nos résidences. »
Guy Alloucherie




" Les veillées, c'est un spectacle constitué d'une mise en œuvre de performances, d'actions artistiques qui génèrent l'écriture de textes, de chorégraphies et la fabrication de films qui rendent compte de la rencontre d'artistes avec des populations. C'est rendre compte d'une histoire, une drôle d'histoire simple. C'est créer à partir de ce que les gens nous racontent et à partir de ce qu'on a besoin de dire sur le monde. C'est aller à la rencontre et en rendre compte à la manière d'artistes qui s'emparent du réel et qui prennent position (politiquement, artistiquement, je veux dire). Le fil de l'œuvre qui se fabrique au long des entrevues, des errances et des performances, c'est la ville ou les quartiers en question.

 Non contents de fabriquer nos spectacles pour dire notre désir de justice sociale et d'égalité sur les plateaux de théâtre, nous descendons dans la rue, à la sortie des supermarchés, sur les places publiques, nous allons dans les cages d'escalier pour discuter et développer en direct le processus de création avec les acteurs vrais des quartiers. Faire du spectacle vivant. C'est faire du spectacle vivant ! Et on y mêle danse, théâtre, vidéo, cirque et paroles d'habitants.

Les veillées, ce sont des créations successives.
Chaque veillée est un nouveau spectacle conçu avec les acteurs d'une ville où la compagnie s'installe. Le spectacle particulier des veillées sort de l'ordinaire.

Il se crée au fur et à mesure des rencontres, de la présence de la compagnie ici, là, ou ailleurs comme un travail en évolution qui se termine par une représentation qui raconte la cité, l'art, les populations vus par une troupe d'artistes - errants - vagabonds - flâneurs - situationnistes qui hument, respirent, discutent, dansent. Au coin d'un bar, au milieu d'une rue, au balcon d'un immeuble, près d'un arrêt de bus.

 Au final une représentation qui mêle tous ceux que ça intéresse et ceux qui ont participé à l'aventure. Des gens qu'autrement rien ne réunirait. C'est ça l'histoire, c'est ça le risque ! Sinon à quoi bon.

Guy Alloucherie



Extraits d'un échange entre Jean-Christophe Planche et Guy Alloucherie
dans Les Cahiers du Channel - n° 27 , parution du Channel - Scène nationale de Calais – octobre 2006

Dans Les Sublimes, nous avons tenté de dire le désordre du monde, de le fouiller, de l'interroger. Je racontais sur scène mon parcours de fils de mineur devenu metteur en scène tandis que les mots de Bourdieu, Onfray ou Godard défilaient. Des vidéos montraient Mireille qui a accueilli des réfugiées à Calais, Brigitte une ex-ouvrière de chez Levi's. Il y avait onze artistes - comédiens, danseurs, acrobates – qui parcouraient le plateau en tous sens, animés par la volonté de faire front, de résister, fusse avec les moyens dérisoires du théâtre. Je prenais donc le micro pour dire le désordre du monde sur scène mais je me demandais ce que je faisais pour le changer concrètement. Après tout, même si nous évoquions le monde réel, nous continuions à le faire dans des salles de théâtre auxquelles nous savons qu'une large part de la population n'a pas accès. J'ai eu envie de chercher une manière différente de faire coïncider engagement militant, action culturelle et recherche artistique. Ce sont les Veillées sur lesquelles nous travaillons en ce moment.

Vous allez proposer une Veillée à Calais. En quoi consiste ce projet que vous qualifiez de « plus important que tout le reste » ?
Le sujet principal des Veillées est la rencontre d'un groupe d'artistes avec les gens d'un quartier populaire. J'ai eu envie de chercher une manière différente de faire coïncider engagement militant, action culturelle et recherche artistique. A l'invitation du Channel, nous nous installerons une dizaine de jours à Calais pendant lesquels nous collecterons des témoignages sur la vie d'une rue, du quartier, de la ville dans son ensemble. Nous rencontrerons également les ouvriers qui travaillent sur le chantier du Channel. Nous proposerons des interventions artistiques impromptues pour détourner un peu le quotidien. Des danseurs pourront se produire dans un jardin ou des acrobates dans les écoles... De quoi créer « des moments de surprise et d'étonnements » pour reprendre les mots de Brecht. Pendant une quinzaine de jours, nous vivons donc avec un quartier et c'est l'occasion d'un questionnement collectif sur le monde en général, et l'intérêt de l'art et de la culture en particulier. Comme tous les projets menés par HVDZ , il s'agira d'un travail collectif qui mêle acrobatie, danse, écriture, vidéo, théâtre…

A la fin de la résidence, nous invitons tout le quartier mais aussi toute la population à un moment de veillée : des danseurs, comédiens et vidéastes interprètent leur perception du quartier, en font un sorte de portrait à multiples facettes. Ces veillées, que nous avons déjà présentées à Bergerac, Lillers, Béthune, Lens, Bourges, Torcy ou Barlin sont des moments de rencontres extraordinaires dans lesquels se retrouvent des gens que rien ne réunirait par ailleurs : l'ouvrier retraité rencontre un responsable d'association, une jeune femme rencontrée devant un centre commercial dit des répliques d' Antigone … L'œuvre est dans l'ensemble de la démarche et pas seulement dans le spectacle final. C'est tout le processus qui nous importe. Une Veillée est une simple tentative qui fait bouger trois fois rien mais ce qu'elle met en jeu me paraît important.

Que peut apporter votre engagement d'artiste par rapport à celui d'un militant politique ?
Je me sens écartelé jusqu'à la schizophrénie entre le monde ouvrier et le monde du théâtre. J'ai souvent l'impression d'en faire trop peu, de consacrer trop de temps au théâtre et de ne pas suffisamment militer par ailleurs. Même s'il ne suffit pas, le théâtre est pour moi indissociable de l'engagement politique. Je crois qu'inventer de nouvelles formes d'art, en lien avec des cités ouvrières, est un combat. Une manière de « changer le monde » comme dirait Marx et de « changer la vie » comme l'a écrit Rimbaud. Dans la manière dont je le pratique, depuis l'endroit où je le fais, il me semble que mon théâtre est militant. Cela ne signifie pas que le théâtre soit un véhicule pour faire passer un message. Mon esthétique est marquée par le collage des textes, des gestes, des sons et des vidéos. Elle reflète en quelque sorte la complexité de l'être humain. Je suis fils de mineur mais aussi militant anticapitaliste, nourri de la culture des mots et fasciné par l'énergie des corps… Sur un plateau de théâtre, ces dimensions se croisent, heurtent, se fondent et m'échappent. On ne maîtrise pas tout ce qui se passe au théâtre. La création comporte une large part d'irréfléchi, une dimension intime qui est liée aux images, aux rêves, aux souvenirs d'enfance ou à l'éducation. A la différence de la philosophie ou de la sociologie, l'approche artistique du monde réel implique qu'une large part du propos que l'on tient échappe. Le théâtre ne propage pas seulement des idées. Il véhicule des émotions qui dépassent et réunissent ceux qui les font naître comme ceux qui les reçoivent.

 

Cie Hendrick Van der Zee ® / Base 11/19 rue de Bourgogne 62750 Loos en Gohelle / Tél : 03.21.14.24.90 Fax : 03.21.14.24.91 / Association loi 1901
Plan du site - Accueil - Agenda - La compagnie - Points de vue - Inventaire de compagnie
les veillées - Les sublimes - Base 11/19 - Faut qu'on parle -Contacts - Crédits - Liens
Webmaster : maksw@hotmail.com