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LES INROCKS- L'année 2003 - déc. 2003
Corps incorrects


La note de l'année est amère pour les intermittents. Et pourtant, côté spectacles, un melting spot culturel fait de la scène française un réjouissant carrefour d'artistes sans pareil en Europe.
Par Fabienne Arvers, Philippe Noisette et Patrick Sourd

[.] Et si l'on parle des créateurs, metteurs en scène et chorégraphes, au détriment des interprètes, il s'avère que, en danse tout du moins, les artistes se placent délibérément des deux côtés de la barrière, et ce flou nous convient. Il est très artistique ! On pense à l'Islandaise Erna Omarsdottir, à Brice Leroux, à Sidi Larbi Cherkaoui ou à Laurent Pichaud. On pense aussi à Guy Alloucherie, metteur en scène des bien nommés Sublimes relatant son parcours de fils de mineur découvrant le théâtre dans un spectacle utopique comme on les rêve toujours comme on en voit rarement. Cette problématique d'un statut d'artiste qu'on ne peut pas mettre dans des cases est, avec la réforme de l'assurance chômage des intermittents, la grande affaire de l'année 2003. [.]
 
LE MONDE - C. Bedarida - 11 mai 2003

Avec "Les Sublimes", Guy Alloucherie a cherché dans l'univers du cirque un langage qui restitue le sens du danger, commun au travail de la mine et à l'acrobatie. "Les Sublimes, c'est un spectacle sur l'économie et le physique, le physique et le politique. Trop de vies se sont arrêtées à cause des mines. Une histoire dangereuse comme un passé qui vous claque à la figure. Des artistes confrontés à l'écho du monde, au coeur d'une nouvelle guerre mondiale, celle du néo-libéralisme". Les Sublimes brasse avec une audace réussier l'Irak et la silicose, le Kosovo et Richard Durn, l'histoire des syndicalistes communistes déportés à Dachau et le centre de réfugiés voisin de Sangatte. Guy Alloucherie superpose de brillantes acrobaties au trapèze ou au mât chinois et des images d'ouvrières licenciées.



 

LIBERATION - J.-P. Thibaudat - 29 octobre 2003

Guy Alloucherie revisite les boyaux de la mine et les entrailles de son théâtre. Subliminal.
Et si le théâtre avait perdu le contact ? Et si les théâtres s'étaient mis à ressembler à des usines, avec des directeurs de théâtre contremaîtres chargés de veiller à la production aux normes ? Et si l'on s'était endormi à force de faire des spectacles livrés clefs en main comme des Twingo ? Ce sont des questions comme cela qu'on se pose en voyant Les Sublimes, spectacle subliminal.

 
SORTIR WEEK-END - L.-F. Caude - Janvier 2003

Rares sont ces moments de grâce où la terre bouge sous vos pieds, où le ciel chavire derrière l'horizon : "Les Sublimes", créés par Guy Alloucherie à la Fabrique de Culture Commune, sont de ceux-là, où le cirque, la danse, le texte, la vidéo, la musique, le théâtre réalisent une alchimie spectaculaire et vous emportent allègrement vers un état second extraordinaire.



 

LIBERTE 62 - PP - 24 janvier 2003

Guy Alloucherie nous donne avec "Les Sublimes" une leçon de dignité et de courage (.) Avec les comédiens, danseurs, trapézistes, femmes et hommes du cirque, il place, avec pertinence, la trame et la question du parcours et des trajectoires, de sa fonction dans la manière de vivre, au travail, et dans la vie de tous les jours. Les personnages - transcendés par le rêve - représentent les aléas de toute une vie, ils sont les héros et les anti-héros de leur propre existence, de leurs aspirations et de leurs sensibilités à résister.
 
LA VOIX DU NORD - G. Autem - 21 janvier 2003
Les Corps des "Sublimes"


"J'avais besoin de mettre des mots sur la violence de notre monde environnant", expliquait Guy Alloucherie, metteur en scène, après la première de "Les Sublimes" qu'il présentait hier soir sur le site du 11/19, devant une salle comble.

Avec la complicité de onze artistes, danseurs et acrobates, il a tenté d'exprimer ses émotions avec les corps des autres, avec ses mots. Un spectacle dérangeant tant certaines scènes sont violentes. Les témoignages de femmes dont une ancienne salariée de l'usine Levi's défilent sur l'écran et "sonnent comme des coups de poings et des coups de gueules." Une mise en scène qui se veut engagée parce que Guy Alloucherie "ne veut pas prendre position" explique-t-il. Puis il se pose la question "mais comment je peux rendre compte de ce que je vis ?". Par la manière forte, et dans les derniers retranchements des artistes, Guy Alloucherie donne son interprétation imagée du bassin minier, dont il est originaire. Une vision d'artiste qui "cherche à plaire à un public large, mais pas à plaire absolument".

 

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