Le protocole

Dans les classes, à la fin, quand on a un peu de temps, on fait la carte blanche photo : inventez un protocole, un cadre, une règle du jeu pour une photo, et Flora prend la photo.

Les premières S de ce matin ont proposé un beau protocole solidaire : on fait une ligne, tous à la hauteur de Marine, qui est la plus petite.

Non, je ne me tairai pas !

Antigone a seize, dix sept, ou peut-être dix-huit ans. Antigone regarde la caméra, l’objectif, droit devant, et dit :

Non, je ne me tairai pas ! Je veux savoir comment je m’y prendrai, moi aussi, pour être heureuse. Tout de suite, puisque c’est tout de suite qu’il faut choisir. Vous dites que c’est si beau la vie. Je veux savoir comment je m’y prendrai pour vivre. Quel sera-t-il, mon bonheur ? Quelle femme heureuse deviendra-t-elle, la petite Antigone ? quelles pauvretés faudra-t-il qu’elle fasse elle aussi, jour par jour, pour arracher avec ses dents, son petit lambeau de bonheur ? dites, à qui devra-t-elle mentir, à qui sourire, à qui se vendre ? qui devra-t-elle laisser mourir en détournant le regard ?

Antigone de première S

Antigone en première S.
Antigone ne sert à rien vu qu’elle veut mourir.
Antigone est une enfant. Antigone ne veut pas grandir.
Son père qui couche avec sa mère, et ses frères s’entretuent, une famille à histoires. Forcément, elle est bizarre. Elle porte la poisse.
Suicidaire.
Antigone l’anarchiste. Pure et dure.
Antigone jalouse de sa sœur ?
Antigone mystérieuse.
Antigone est lâche.
Antigone est brune.
Antigone n’est pas gentille.

Hollywood Lycée

Au studio, ce matin, il y avait un tournage. Trois élèves de seconde qui tournaient un film. Costumes, scénario et tout.
Discussion avec Luc, qui gère le studio multimédia.
Elles tournent avec trois caméra. Un vrai plateau, un vrai studio de ciné, avec des écrans de contrôle. Ça donne la sensation d’être dans un autre univers, d’être sorti du lycée. Luc se plie en quatre pour rendre le projet possible.

mille excuses

L’équipe de la cantine est souriante et nous accueille chaleureusement à chaque repas. On avait promis, hier, de mettre une photo sur le blog et on a pas eu le temps, alors bien sûr, à midi, on s’est amicalement fait remonter les bretelles. Mille excuses Mesdames, voilà la photo.