Stéphane Braunschweig a été nommé à la direction du Théâtre de L’Odéon. Il dirigeait le théâtre de la colline. C’est son troisième théâtre national. Il a dirigé le théâtre National de Strasbourg. Nous y avions joué Base 11/19, une quinzaine de jours, lorsqu’il dirigeait le TNS. On n’a pas joué souvent à Strasbourg. Si mes souvenirs sont bons, on y avait donné aussi Si tu me quittes, est-ce que je peux venir aussi ? Pour le coup, ça remonte à bien longtemps. La dernière fois que j’ai mis les pieds à Strasbourg, c’était au Maillon, pour voir le spectacle de Angelica Liddell, la Maison de la Force qui nous a donné envie d’en faire une adaptation, Aimer si fort. Une nuit à Strasbourg (à défaut d’une nuit à Bangkok). Depuis lors le TNS a changé deux fois de direction. Aujourd’hui Stanislas Nordey est le chef du TNS. Il a dirigé, dans les années 90, le théâtre de St Denis, avant de redevenir une compagnie indépendante. Il a beaucoup travaillé avec Pascal Rambert et Mouajdi Mouawad. Nous n’avons jamais joué ni à St Denis, ni à Gennevilliers, le centre dramatique de Pascal Rambert. Cette semaine, on joue La Brique, deux fois, à St Agil, près de Vendôme. Puis on va à Mondeville, à côté de Caen.
Actualité
les autobus artésiens
Lundi, c’est la rentrée. On va se sentir un peu bizarre demain soir. Comme un dimanche soir. Pas falloir se coucher trop tard, sinon on va rater le bus, lundi matin, pour aller au lycée. A 7h10, à l’angle de D229 et de la rue qui va au terrain de foot. Dans le noir, dans le vent et sous la pluie, une vingtaine de minutes pour aller jusque là-bas, à pied. Et lundi, c’est une journée pleine, on finit à cinq heures. On sera de retour à la maison, comme tous les soirs, à 18h30. Ce sera la nuit à nouveau. Dans la rue de Baillencourt, là où habitent mes parents, il n’y a pas de lumière. Pas de lampadaire. Le mercredi et le samedi, on finit plus tôt. Le mercredi, on finit à midi, mais il n’y a pas de bus. Alors on va au lycée à mobylette. Biplace, orange, avec des clignotants et un feu stop. On l’a achetée à Lillers, où, de tout temps on a acheté nos vélos, mobylettes et solex. Pas loin de l’ancien cinéma Le palace, après le passage à niveau de la ligne de chemin de fer, Paris-Dunkerque. Quand les trains de voyageurs reprennent de la vitesse, après un arrêt en gare de Lillers, en direction de Dunkerque. Arrêt suivant à Berguette, puis Hazebrouck et terminus Dunkerque.
s’il vous amoche, vous les amochez, s’ils vous tuent, vous vous relevez
La nature est un champ de bataille. Il existe des inégalités dans le rapport à l’environnement. Les gens ne sont pas égaux dans le rapport à l’environnement. Il y a une croyance dans la pensée mainstream écologique (Yan Arthus Bertrand, Nicolas Hulot) qui voudrait que tous les hommes et les femmes seraient touchés de la même manière par le bouleversement écologique auquel on assiste aujourd’hui. L’humanité devrait être touchée par le désastre climatique de la même façon alors qu’on ne subit pas les altérations de la biodiversité, du climat, de l’environnement en général, selon les classes sociales auxquelles on appartient (Les incinérateurs à déchets par exemple sont tous situés dans les territoires les plus pauvres du pays). Selon la classe sociale à laquelle on appartient, la nature à laquelle on a affaire est qualitativement différente (qualité de l’air, ressources naturelles, parcs…). La crise climatique qui s’annonce va accentuer les divisions de classes, qui va accentuer la lutte des classes, précisément parce que la crise écologique va accentuer les inégalités environnementales. Nous autres marxistes, sommes bien armés pour bien penser le chaos climatique dans les décennies qui viennent. Sur le plan théorique et politique. Au delà des inégalités sociales, culturelles, économiques, transports… il y a un type d’inégalités que les classes populaires subissent en plus, c’est l’inégalité environnementale.
La précarité sociale n’oblitère pas la précarité ontologique
Des fois, je me dis que j’aurais pu rester à Ferfay cité 3 au moins quelques années de plus et puis je me dis que ça n’aurait pas été possible. C’était trop tendu avec mes parents. Et que tout compte fait, c’est très bien comme ça. A quelques années près, de toute façon, je n’aurais pas pu éviter la décompensation psychique dont j’ai été victime, sans m’en rendre compte. J’étais bien trop ignorant de ces choses là. C’est toujours une affaire de classes sociales. De psychisme et de classe sociale. J’aurais dû faire deux années de Bourdieu en cours privé (!) avant d’entamer quoique ce soit. De Bourdieu et de Marx. Pour y comprendre quelque chose. Pour savoir où je mettais les pieds. J’aurais été bien préparé. Un peu de Freud là dessus et le tour était joué. J’aurais tout fracassé. J’étais tout fracassé. J’aurais tout analysé avant même de foutre les pieds à l’université. A Lille. Je ne pouvais pas imaginer que ça allait être à ce point déroutant et fou et que je le deviendrais à mon tour. Je ne pouvais plus me regarder dans la glace. C’est pour ça qu’Ivanov, monté par Lacascade, ça m’a tant touché, l’histoire de l’homme de trop et par la suite tout ce que j’ai pu lire de Annie Ernaux ou Didier Eribon.
Devenir ce qu’on est
Attendu une petite heure dans la voiture. Christophe nous a sauvé la mise. Malgré son téléphone qui est tombé dans l’eau et la soude. Il nous a ramené les clefs du bureau. On a eu accès aux disques durs pour le remix de la Veillée sur la Redoute. On a ouvert qu’un volet. Ça n’est pas comme une vraie journée de travail. Juste un détail de la Veillée à modifier. Jérémie avait besoin de retrouver des images dans les archivages. Ça n’est pas facile de s’y retrouver, dans la montagne de tout ce qu’on a filmé, depuis 13 ans bientôt. On tombe sur des choses qu’on a totalement oubliées ou qu’on n’arrive plus à situer dans le temps. Pour peu, on prendrait une ville pour une autre. On a cependant tout bien stocké depuis le début. Bien rangé. On a tout gardé. C’est précieux. C’est une preuve, des traces. Une manière de formuler le passé. De le jalonner. Remonter d’une Veillée à une autre, c’est remonter dans le temps. Rassembler des fantômes qui nous ont faits ces treize dernières années. C’est remonter aux sources. Et sans relâche se demander pourquoi on a fait ça.
…
En cas d’absence, je ne suis pas là. On dirait qu’aujourd’hui le sourire fait grève.
Bashung/Manset
… / Comme un lego avec du sang / Comme un lego avec des dents / Comme un lego avec des mains / Voyez vous tous ces êtres vivants ? / Vêtus d’acier / Vêtus de noir … / Comme un lego mais sans mémoire / Pourquoi ne me réponds tu jamais? / Sous ce manguier de plus de dix mille pages / A voir le monde de si haut / Comme un damier / Comme un légo / Comme un insecte mais sur le dos / Comme un damier / Comme un lego / Comme sur le sable un imputrescible vieux rafiot / C’est un grand terrain de nulle part / Avec de belles poignets d’argent … / La lunette d’un microscope, on regarde dedans / On voit des petites choses qui luisent / Comme dans ces siècles de la longue nuit / Dans le silence ou dans le bruit / Dans le soleil ou dans la nuit / Voyez vous ces êtres vivants ? / Quelqu’un a inventé ce jeu terrible, cruel, captivant, les maisons, les lacs, les continents / Comme un légo avec du sang / Voyez vous tous ces humains ? / Danser ensemble, à se donner la main / S’embrasser dans le noir à cheveux blonds / A ne pas voir demain comment ils seront / Force décuplée des perdants / Car si la terre est ronde et qu’ils s’agrippent / Par delà c’est le vide … / Vêtus d’acier / Vêtus de noir / Comme un lego mais sans mémoire / …
Bookafé à Bruay Labuissière
Maggie monte un projet de BooKafé à Bruay La Buissière. Elle a mis en place un crownfounding. Manquent plus que quelques sous pour arriver à 100% des prévisions. C’est un super projet de rencontres, d’échanges, de discussions, de conférences et de repas et plein de bons trucs et belles trouvailles humaines. Passionnant. Ça se situe dans l’ancien bistrot L’Autrement, pas loin de la piscine Arts Déco. Les dernières possibilité de participer au crownfounding s’arrêtent le 28 déc 2015 . Plus cinq minutes à perdre. L’adresse, http://www.facebook.com/Bookafebruay/photos/a.904864159557365.1073741827.900862323290882/994310897279357/?type=3&theater
RICARDO MONTSERAT GALINDO EN Hommage à Alain Jouffroy
Être-avec, de Alain Jouffroy, grand poète et éditeur, parti hier.
Je n’irai jamais jusqu’au bout de moi,
N’irai jamais jusqu’au bout du monde,
Mais j’y vais !
Idiot, je suis mon propre inconnu,
Ma lucidité est la NUIT
Où j’habite, stupidement, son envers.
Je m’y terre, sans dire merci.
Mais j’erre et fais du bruit
Dans l’universelle cacophonie.
Personne n’existe ? Moi non plus !
J’écris parce que les mots se tuent.
Mais je parle dans ma mort
Comme la foudre dans les nuées.
Je sauve, vivant, le verbe voir.
Personne n’écoute ? Tant mieux !
Personne ne répond ? Mieux encore !
Je suis l’optimiste de la désespérance
Et me moque de tous les yeux !
Dieu ! — Tu le sais, mon vieux =
Le réel, qui te nie,
N’est pas délictueux, mais délicieux.
C’est Jane qui programme tout à Terrasson
On a joué dernièrement à Terrasson, au centre culturel où nous avions joué, il y a plus de vingt ans « On s’aimait trop pour se voir tous les jours ». C’est en arrivant sur le plateau de théâtre que je m’en suis souvenu. On avait joué les murs à nu, je me suis souvenu du mur de pierres. et de la configuration de la salle. Rien n’a changé. C’était à l’occasion d’une tournée de tous les spectacles, dans le Sud-Ouest, de le compagnie ,par l’OHARA, un organisme de diffusion qui travaille sur toute la région de Bordeaux. Agen, Libourne, Terrasson… et cinq ou six autres lieux ont accueilli Ivanov, Chez Panique, Help, On s’aimait trop pour se voir tous les jours. C’était tout à fait exceptionnel. On logeait en partie à Bordeaux et lorsqu’on se retrouvait tous ensemble, on occupait tout un hôtel. Aujourd’hui, c’est Jane qui programme tout à Terrasson.
