une équipe enthousiaste

Dernier jour de cette session de janvier à l’école de théâtre, l’Esad, à Paris. On a fini vers 18 h après quatre heures d’intervention qu’on a réparties en deux temps. Travail sur des constructions de personnage et recherche physique (qui nous a menés dans les parages de Lars von Trears, quand il a réalisé le film les Idiots) d’un côté et d’un autre, constitution d’une assemblée politique qui regroupe des citoyens voulant trouver des solutions aux problèmes des migrants. Chaque étudiant, chaque act(eu)RICE a donné le maximum de lui,elle-même, est allé au bout de lui,elle-même. En tension maximum. L’improvisation nous a questionnés de mille manières. La justesse des prises de parole des personnages interprétés par les étudiants et leur force, leur énergie nous ont donné à voir des moments de théâtre très intenses, plus vrais que nature. Poétiques, justes et lourds de sens.

Ça bosse

Troisième jour d’intervention à l’école de théâtre (l’Esad) aux Halles de Paris, place Carrée. Déjà la fin de semaine. Le temps hémophile coule. Les journées passent vite. Si on veut prendre le temps de travailler les détails de chaque proposition, il nous faut fouiller, essayer, multiplier les tentatives, reprendre et reprendre encore. Nos journées d’intervention se déroulent en deux temps de recherche. Tous les jours nous faisons un échauffement physique et travaillons sur des constructions de personnages et de figures chorégraphiques. Puis, après une petite pause, le reste de l’intervention est consacré à l’écriture et aux textes qui concernent les migrants. On cherche. On construit des vies. On confond nos vies avec celle des émigrés. Nadège Prugnard, au cours de ses résidences dans la Jungle de Calais, s’est rendue compte, que lorsqu’on discute avec les migrants, il est quasi impossible de parler de leur enfance. Avec les étudiants de l’Esad, on a réfléchi et reconstruit des histoires (d’enfance) comme on fait théâtre, en pleine liberté d’imagination. Les vies des uns se fondant dans la vie des autres. Comme une tentative de faire cause commune. Nous sommes tous des migrants.

Eloge de l’amour

Ce matin, réunion au bar de la Renaissance, rue de la Roquette avec Christophe Blandin-Estournet, directeur de l’Agora et Marie S. et Guy de Hvdz. Marie s’est levée dès pontron-minet pour être là à l’heure, puisqu’elle venait de Lille. Guy est sur Paris depuis deux jours et intervient à l’école de théâtre (Esad) situé dans les Halles. Malgré cela, Guy, le tebé, est arrivé en retard puisqu’il a pris le métro dans le mauvais sens, sur la ligne 5 et s’en est rendu compte à la station Pantin. La réunion eut bien lieu et s’est bien passé. On a évoqué le projet sur les migrants mais ce fut aussi l’occasion de faire le tour de toutes les actions artistiques, en lien avec les populations, que l’on mène avec le théâtre de l’Agora d’Evry. A midi, Christophe est rentré à moto, à Evry, tandis que Marie et Guy se sont rendus (en bus) au restaurant, le Mimosa pour déjeuner avec Nadège Prugnard, qui intervient aussi à l’Esad. Le Mimosa est devenu la cantine de Nadège et Guy, pour le temps de leur intervention à l’école. Marie S. s’en est allée à Bagnolet après avoir visité (un peu) l’école. L’après midi de travail avec les étudiants a été dense. Le thème abordé (l’émigration), les exercices d’écritures, les expérimentations physiques nous entraînent vers des sujets très variés, qui touchent tous à l’être humain. De façon artistique, mais aussi philosophique, psychologique et bien sûr politique. On a beaucoup évoqué Nietzsche et un peu Badiou.

Tous dehors pour la culture!

Aujourd’hui, nous sommes retournés dans la cité des provinces à Lens pour rencontrer des habitants, à la recherche de témoignages pour créer nos petites formes pour les parcours spectaculaires avec Culture commune en mars. Nous avons rencontré plein d’habitants, des femmes principalement, accueillantes, adorables qui nous ont raconté leurs vies dans la cité, la vie de leurs enfants, l’une d’entre elle nous a témoigné de l’importance du théâtre dans la vie et l’épanouissement de son jeune fils. Elle nous a parlé de Manu de Culture Commune et comment la médiation qu’il a menée a permis cela également.

Mais, nous avons eu un petit malaise en rentrant au bureau en découvrant une lettre anonyme adressée à la compagnie nous disant qu’à Loon-plage, on votait FN et que l’on ne voulait pas de nous, de la culture. Dehors la culture nous dit-on sous couvert d’anonymat. Prenons-le au mot, fort de notre journée dehors. Oui, dehors, tous! pour la culture, pour la rencontre, pour la discussion et pour ne pas laisser passer les menaces sans fondement.

Comme un lundi

Réunions au  bureau avec des représentants du Conseil départemental en charge des arts vivants dans la communauté d’agglomérations et au-delà. Puis pause-déjeuner, repas préparé par Marie du CD2E, le bâtiment en face du nôtre, un peu sur la droite. Et deuxième réunion avec l’association de la Brouette Bleue de Fauquembergues où il a été question d’expliciter notre démarche pour permettre à l’association de se rendre compte de ce qui se fait dans la région, au titre des créations participatives. On a évoqué le travail de Jean Maurice Boudeulle à Hem qui fut un pionnier dans ce domaine. Jean Maurice Boudeulle est un bâtisseur de théâtre, il a permis qu’à Hem (à côté de Roubaix) dans tout un quartier, dans toute une ville, dans chaque maison, on ait une ou plusieurs personnes qui pratiquent le théâtre. Cette réussite est totalement exemplaire et devrait être enseignée, analysée, comparée dans toutes les universités et reproduite dans toutes les communes du pays. Toutes populations confondues. Pour donner à voir ce qu’on fait, on a montré aux deux jeunes femmes de l’association la Brouette bleue, la vidéo-reportage de la Veillée que nous avons réalisée dans le quartier de Beauport, à Québec, la saison dernière,  en collaboration avec la compagnie Code Universel.

La situation s’est considérablement dégradée à La Redoute

Un dimanche après-midi hivernal à Wattrelos. Diffusion de la Veillée retravaillée qu’on avait présentée à la Condition Publique à Roubaix, l’année dernière à l’époque où Anne-Isabelle présidait encore aux destinées de l’établissement qui aura connu bien des déboires après ses premiers mois d’ouverture en grande pompe, il y a plus de dix ou vingt ans. Nous étions cet après-midi à la boîte à musique, rue Amédée Prouvost à Wattrelos (La BAM). On a revu beaucoup de monde qu’on commence à bien connaître de la Redoute et des gens nouveaux qui n’avaient pas pu voir le film-spectacle l’année dernière. Après la représentation, on a longuement discuté avec les gens qui ont assisté au spectacle. On a donc appris que la situation à l’usine s’est considérablement dégradée, et que les salariés qui, malgré tout, continueront à se battre jusqu’au bout pour défendre leurs droits, n’ont guère d’espoir dans l’avenir de l’entreprise. Elle est devenue, une machine inhumaine, qui ne laisse plus de place du tout à l’épanouissement de ses salariés. Si La Redoute devait continuer d’exister, elle n’aura plus rien à voir avec ce qu’elle a été. Tout est aujourd’hui mis en place pour que les ouvrières s’asservissent au travail sans plus y trouver une once de plaisir. Inhumain et indigne ! Après des années de chantage, de pris en otage et de licenciements  par la direction de ses ouvriers d’un côté et de souffrance, de lutte et de résistance de l’autre !

Loon Plage, première étape, premières rencontres

Hier soir, comme convenu, réunion à la salle Coluche de Loon Plage avec les habitants (pour la plupart responsables d’associations et représentants des écoles et de la mairie), en présence de Mme l’adjointe à la Culture et de la directrice des services culturels. Un belle Veillée-Portrait en prévision. Nous y étions, Anne, Marie S. et Guy pour Hvdz et nous avons échangé avec les gens pendant un long moment et ce fut un temps fort agréable. On voudrait que ça démarre tout de suite. Dominique s’est proposé de nous faire visiter le village qu’il connaît bien et qu’il aime beaucoup. On fera la visite le plus tôt possible (ça nous permet de nous repérer très vite dans le village). On sait déjà que Loon Plage est très étendu donc on va bien marcher dans les rues, ce qui est la meilleure façon de découvrir un territoire nouveau. Ah oui, on démarre un samedi matin, et toute la nuit qui précède, aura lieu le bal du carnaval et on sait bien que, comme on dit, un bal de carnavaleux, au pays des carnavaleux, c’est à la fois unique et très très festif. Pour nos deux amis d’Hvdz qui viennent d’Avignon et Paris et qui seront là dès vendredi soir, on ne peut pas rêver accueil plus grandiose. A Loon Plage, il n’y a plus de plage puisque le port de Dunkerque y a installé un terminal méthanier. A la place il y a aujourd’hui la célèbre digue du Break.